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Introduction
La pleurésie tuberculeuse représente une cause fréquente d’épanchement pleural exsudatif à prédominance lymphocytaire dans les régions à forte endémie tuberculeuse. Son diagnostic demeure parfois difficile en raison du caractère paucibacillaire de l’atteinte pleurale et du rendement limité des examens microbiologiques du liquide pleural. L’adénosine désaminase (ADA) pleurale constitue un biomarqueur facilement accessible permettant d’orienter le diagnostic, particulièrement chez le sujet jeune.
Méthodes
Il s’agit d’une étude monocentrique menée au service de pneumologie du CHU Mohammed VI, incluant 400 patients présentant un épanchement pleural entre 2025 et 2026. Les données cliniques, biologiques, pleurales, microbiologiques et histologiques ont été recueillies, avec une attention particulière portée à l’ADA pleural. Les patients ont été répartis en deux groupes : pleurésie tuberculeuse et non tuberculeuse. L’objectif était d’évaluer la performance diagnostique de l’ADA pleural dans la tuberculose, notamment sa sensibilité, sa spécificité,
Résultats
Sur les 400 patients, 180 (45%) présentaient une pleurésie tuberculeuse et 220 (55%) une pleurésie non tuberculeuse. L’âge médian était de 34 ans dans le groupe tuberculeux contre 49 ans dans le groupe non tuberculeux. Une fièvre était retrouvée chez 68% des patients tuberculeux, un amaigrissement chez 42% et une douleur thoracique chez 61%. Le liquide pleural était exsudatif dans 97% des pleurésies tuberculeuses et présentait une prédominance lymphocytaire dans 91% des cas. Le taux moyen de lymphocytes pleuraux était de 72±17% dans le groupe tuberculeux contre 48±23% dans le groupe non tuberculeux. L’ADA pleural était significativement plus élevé dans le groupe tuberculeux (91±51 U/L) que dans le groupe non tuberculeux (27±21 U/L, p < 0,001). Pour un seuil d’ADA de 40 U/L, la sensibilité était de 92,2%, la spécificité de 89,1%, la valeur prédictive positive de 87,4% et la valeur prédictive négative de 93,3%. L’aire sous la courbe ROC était de 0,94. L’association d’un ADA>40 U/L à une lymphocytose pleurale≥50% améliorait la performance diagnostique, avec une sensibilité estimée à 89% et une spécificité de 94%. Une biopsie pleurale était réalisée chez 126 patients, dont 82 présentaient des arguments histologiques en faveur d’une tuberculose pleurale.
Conclusion
Dans cette cohorte monocentrique, l’ADA pleural présentait une excellente performance diagnostique pour orienter le diagnostic de pleurésie tuberculeuse. Son association à la lymphocytose pleurale permettait d’améliorer la discrimination entre pleurésie tuberculeuse et non tuberculeuse. L’ADA pleural pourrait ainsi constituer un outil simple et accessible permettant d’orienter précocement la stratégie diagnostique et de mieux sélectionner les patients nécessitant une biopsie pleurale.
Références