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KWIT une approche numérique au service du dépistage et du suivi de la BPCO en France - retour de 10 mois d'expérience

Kretz G.1 ; Dehlinger C.2 ; Kraemer JF.3 ; Bui L.4 ; Jacquand G.4 ; Goulvent T.*4
1Co-Founder & CEO, KWIT, Strasbourg, France ; 2CTO, KWIT, Strasbourg, France ; 3CPO, KWIT, Strasbourg, France ; 4Digital Health & Innovation Lead, AstraZeneca, Courbevoie, France

Auteur correspondant : Goulvent. T 

Introduction

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) reste largement sous-diagnostiquée en France, avec plus des deux tiers des patients non identifiés malgré une prévalence estimée à 7,5% chez l’adulte. Le tabagisme constitue le principal facteur de risque. Chez les patients diagnostiqués, une maladie insuffisamment contrôlée expose à un risque accru d’exacerbations et à une consommation importante de soins. Cette étude évalue une stratégie numérique intégrant dépistage et suivi de la BPCO au sein d’une application de sevrage tabagique.

Méthodes

L’application mobile KWIT a intégré un questionnaire de dépistage validé par la Haute Autorité de santé [1] ainsi qu’un module de suivi de la BPCO fondé sur le questionnaire CERT [2]. Les utilisateurs identifiés comme à risque étaient orientés vers une consultation médicale. Les patients ayant une BPCO diagnostiquée bénéficiaient d’un suivi régulier et d’alertes stratifiées selon le niveau de risque. Les deux modules ont été évalués sur une période de dix mois.

Résultats

Parmi les 64 345 utilisateurs ayant complété le questionnaire de dépistage, 14 714 (22,9%) ont été identifiés comme nécessitant une consultation médicale. Au total, 2 080 consultations ont été réalisées et 292 nouveaux diagnostics de BPCO ont été rapportés, dont 87 chez des hommes et 205 chez des femmes. Parmi ces diagnostics, 80% correspondaient à un stade précoce de la maladie, c’est-à-dire aux stades 1–2 si la classification GOLD était utilisée. Dans la population suivie (n=282), 2 143 alertes ont été générées en dix mois : 1 615 (75,4%) ne signalaient pas de risque immédiat, 246 (11,5%) recommandaient une consultation chez le médecin généraliste et 282 (13,1%) orientaient vers les urgences. Parmi les 39 consultations réalisées après une alerte, 4 ont conduit à une modification du traitement de fond, le reste a conduite à la prescription de CSO et/ou antibiotiques.

Conclusion

Cette expérience suggère la faisabilité d’une stratégie numérique intégrée au sevrage tabagique pour contribuer au dépistage précoce et au suivi proactif de la BPCO. L’orientation des personnes à risque vers une consultation médicale et la génération d’alertes stratifiées pourraient favoriser une prise en charge plus précoce et une adaptation du traitement. Ces résultats doivent être interprétés en tenant compte de l’absence éventuelle de groupe comparateur et méritent d’être confirmés dans des études évaluant notamment l’impact clinique sur les exacerbations et les recours aux soins.

Références

[1] Guide du parcours de soins BPCO, HAS, 2020.

[2] Int J Chron Obstruct Pulmon Dis, 2022, 17, 213–222.


Puis par les auteurs Cliquez sur le stylo Collaboration scientifique entre partenaires industriels