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Introduction
Les actions de sensibilisation de proximité associant conseil minimal et proposition d'une prise en charge pharmacologique relèvent d'une démarche de dépistage actif (« aller vers ») et pourraient favoriser l'engagement des fumeurs dans l'arrêt du tabac. Le niveau de motivation qu'elles induisent, comparé à celui des consultants habituels d'une consultation d'aide au sevrage, reste peu documenté. Objectif : comparer le profil clinique, la dépendance nicotinique et le degré de motivation au sevrage entre des fumeurs ayant bénéficié d'un conseil minimal lors d'une journée de sensibilisation et des patients consultant spontanément en unité d'addictologie/pneumologie sans conseil préalable.
Méthodes
Étude descriptive comparative portant sur 95 fumeurs répartis en deux groupes : G1 (n=41), ayant bénéficié d'un conseil minimal avec proposition de pharmacothérapie lors d'une journée de sensibilisation anti-tabac ; G2 (n=54), consultants spontanés en aide au sevrage sans conseil préalable. Les groupes ont été comparés sur l'âge, la consommation cumulée (paquets-années), la dépendance nicotinique (Fagerström), les tentatives d'arrêt antérieures, l'anxiété et la dépression (score HAD), et la motivation (EVA, Q-MAT).
Résultats
L'âge (50,3±14,9 vs 47,1±14,0 ans ; p=0,46) et la prédominance masculine (97,6% vs 96,3%) étaient comparables entre G1 et G2. Comparé aus sujets de G1, les patients du groupe consultation usuelle (G2) présentaient une dépendance nicotinique plus sévère (Fagerström : 7,5±2,1 vs 3,7±1,5 ; p < 0,001), une tendance à une consommation cumulée plus élevée (44,7±40,0 vs 29,0±18,6 PA ; p=0,07) et un score HAD-dépression plus élevé (8,8±5,0 vs 5,8±4,5 ; p=0,022), sans différence pour l'anxiété (p=0,56). À l'inverse, la motivation au sevrage était significativement plus élevée dans le groupe issu de la journée de sensibilisation (G1), tant à l'EVA (8,1±2,0 vs 6,6±2,1 ; p=0,002) qu'au questionnaire Q-MAT (14,1±5,6 vs 8,2±2,7 ; p < 0,001). Les sujets de G1 rapportaient également un nombre supérieur de tentatives de sevrage antérieures (3,1±5,0 vs 1,0±1,1 ; p=0,006).
Conclusion
Les fumeurs recrutés lors d'une journée de sensibilisation associant conseil minimal et offre thérapeutique affichent un niveau de motivation au sevrage supérieur à celui des consultants usuels, en lien avec un profil de dépendance plus faible et un statut affectif moins altéré. Ces résultats suggèrent l'intérêt des actions de dépistage actif et de conseil minimal pour capter des fumeurs motivés, qui n'auraient pas consulté spontanément.