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Comparaison des caracteristiques medico-sociales et du pronostic des malades du cancer bronchique vivant dans les quartiers de surincidence de La Rochelle : etude cas-cas en population sur 10 ans

Lenoble E.*1 ; Girardeau S.1 ; Le Stang N.2,3 ; Bertaud L.2 ; Cadranel J.4 ; Lafarge M.5 ; Systchenko T.2,3 ; Jutant E-M.1,3
1Service de Pneumologie, CHU de Poitiers, Poitiers, France ; 2Registre general des cancers de Poitou-Charentes, CHU de Poitiers, Universite de Poitiers, Poitiers, France ; 3Centre d'investigation clinique, INSERM CIC 1402, CHU de Poitiers, Poitiers, France ; 4Service de Pneumologie et oncologie Thoracique, AP-HP, Hopital Tenon, GRC04 Theranoscan, Sorbonne Universite, Paris, France ; 5Service de Pneumologie, CHU de La Rochelle, La Rochelle, France

Auteur correspondant : Lenoble E. 

Introduction

L'incidence du cancer bronchique suit un gradient social et géographique dont les déterminants restent mal documentés à l'échelle infra-communale. Entre 2008 et 2019, les quartiers ouest de La Rochelle, ville portuaire atlantique, présentaient une surincidence significative chez l'homme par rapport au département, avec un ratio d'incidence standardisé (SIR) lissé de 1,27. L'objectif était de comparer les caractéristiques individuelles, les facteurs de risque, le profil tumoral, les délais et la survie selon le quartier de résidence.

Méthodes

Étude rétrospective de type cas-cas incluant tous les cancers bronchiques primitifs diagnostiqués de 2012 à 2022 chez des résidents de La Rochelle et enregistrés par le registre général des cancers de Poitou-Charentes. Les quartiers ouest ont été comparés aux autres quartiers de la ville, en analyse bivariée puis par régression logistique multivariée dont la variable dépendante était la résidence à l'ouest et les variables explicatives, individuelles et contextuelles, étaient spécifiées a priori.

Résultats

Au total, 794 cancers survenus chez 781 patients ont été inclus, dont 302 (38%) à l'ouest, où le SIR était de 1,44 [1,28-1,61] (référence département) et de 1,25 [1,12-1,41] (référence ville). En multivarié (n=772), cinq facteurs étaient indépendamment associés à la résidence à l'ouest (Figure 1) : quintile 5 de l'indice européen de défaveur sociale (EDI) vs quintiles 1 à 3, odds ratio (OR) 6,41 [4,19-10,0] ; ouvriers vs cadres, OR 4,01 [1,98-8,74] ; tabagisme actif vs jamais-fumeur, OR 2,12 [1,08-4,32] ; âge de 55 à 64 ans, OR 1,92 [1,12-3,32] ; ancienneté de résidence supérieure à dix ans, OR 1,86 [1,23-2,86]. L'intensité tabagique cumulée était identique. Aucune différence n'était observée pour le stade IV (52% vs 58%, p=0,3), l'histologie (p=0,9), les altérations moléculaires (p=0,9), le délai imagerie-traitement (7,8 vs 7,4 semaines, p=0,3) ni la survie globale médiane (10,7 vs 10,9 mois, p=0,9).

Conclusion

Les patients des quartiers ouest cumulent en amont du diagnostic une défaveur sociale plus marquée et un tabagisme plus souvent actif, sans inégalité en aval : stade, profil tumoral, délais et survie sont identiques. Ces résultats sont compatibles avec un mécanisme compositionnel, sans exclure un mécanisme contextuel lié au passé portuaire et industriel. Le sevrage tabagique et la préparation du dépistage organisé en sont les leviers prioritaires. Ce schéma génère des hypothèses sans permettre de conclure à la causalité.

Figure 1. Facteurs associés à la résidence dans les quartiers ouest, régression logistique multivariée.

Références

[1] BMC Cancer 2014 ; 14 : 87

[2] Cancer Epidemiol 2024 ; 89 : 102522

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Lenoble E. * ; Girardeau S. * ; Le Stang N. * ; Bertaud L. * ; Cadranel J. * ; Lafarge M. * ; Systchenko T. * ; Jutant E-M. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.