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Introduction
L’échelle mMRC (modified Medical Research Council) évalue le retentissement fonctionnel de la dyspnée, sans ses dimensions sensorielles et émotionnelles. Nous avons montré dans CONSTANCES que, dès le stade mMRC1, la dyspnée était associée à des limitations liées à la santé (DOI : 10,1183/13993003. congress-2025. PA5826). L’objectif est d’identifier dans cette cohorte les facteurs associés au niveau de limitation selon le stade mMRC.
Méthodes
Les participants de CONSTANCES disposant de données sur la limitation liée à la santé, la dyspnée (mMRC 0, 1 ou≥2), le tabagisme et une spirométrie validée ont été inclus. La limitation d’activité était exprimée en classes : non limité, un peu limité, limité, fortement limité. Des régressions logistiques ordinales multivariées stratifiées sur le mMRC ont évalué l’association de la limitation avec différents facteurs (socioéconomiques, maladies, spirométrie).
Résultats
Une dyspnée (mMRC≥1) était rapportée par 23942 participants. La proportion de ceux qui se déclaraient limités ou fortement limités était de 17,6% en mMRC1 et de 30,2% en mMRC≥2 (p< 0,001). Dans les strates mMRC1 et≥2 respectivement, les symptômes dépressifs (CES-D≥16 : ORs 2,68 [2,42–2,97] et 2,51 [2,27–2,77]), l’obésité (ORs 1,78 [1,57–2,01] et 1,47 [1,29–1,67]) et l’âge [45–64 ans, ORs 2,09 [1,72–2,54] et 2,65 [2,21–3,18]) étaient associés à une limitation supérieure, qui en revanche n’était pas associée au sexe ni aux paramètres de la spirométrie (capacité vitale forcée et volume expiratoire maximal en une seconde catégorisés selon Z-score). La précarité individuelle (score EPICES≥30) était associée à une limitation croissante (ORs 1,46 [1,29–1,66] et 1,51 [1,32–1,72]), mais pas l’Index contextuel de désavantage social (FDep). Les accidents vasculaires cérébraux et l’infarctus étaient les seules maladies cardiovasculaires associées à une limitation croissante au stade mMRC 2(ORs de 1,81 [1,15-2,85] et 2,71 [1,72-4,28]. Le diabète de type 2 (DT2) était associé à une limitation croissante chez les participants mMRC1 (OR 2,09 [1,60–2,74]), mais pas la maladie rénale chronique (MRC) ; inversement, la MRC était associée à une limitation supérieure chez les patients mMRC≥2 (OR 3,19 [1,58–6,47]), mais pas le DT2.
Conclusion
À niveau de dyspnée égal, l’âge, l’obésité, les symptômes dépressifs et la précarité socioéconomique individuelle étaient associés à une limitation croissante. Le seul mMRC ne permet donc pas de rendre compte de manière adéquate du retentissement de la dyspnée sur la vie quotidienne et du handicap, et ce dès le stade mMRC1. Des méthodes d’apprentissage automatique sont en cours pour mieux identifier les principaux facteurs contribuant à la variabilité de la limitation.