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Habitudes de vie et risque d’insomnie chez les professionnels de santé tunisiens

Dhifallah H.*1 ; Bellakhel O.1 ; Kallel N.1 ; Gargouri R.1 ; Msaad S.1 ; Moussa N.1 ; Kammoun S.1
1Hôpital Universitaire Hédi Chaker ,Sfax ,Tunisie

Auteur correspondant : Dhifallah H. 

Introduction

Le mode de vie peut influencer la qualité et la régularité du sommeil. Certaines pratiques quotidiennes, fréquentes chez les professionnels de santé, sont susceptibles d’être associées à une plus grande vulnérabilité à l’insomnie. Cette étude visait à rechercher les habitudes de vie associées au risque d’insomnie chez les professionnels de santé tunisiens.

Méthodes

Une étude transversale descriptive et analytique a été réalisée d’octobre 2022 à avril 2023 auprès de 1 847 professionnels de santé tunisiens. Les habitudes de vie, notamment les comportements alimentaires, la consommation de stimulants, l’utilisation d’Internet et les habitudes liées au sommeil, ont été recueillies par questionnaire. La sévérité de l’insomnie a été évaluée à l’aide de l’Insomnia Severity Index (ISI), et les associations entre les différents comportements et le score ISI ont été recherchées par analyses univariée et multivariée.

Résultats

L’analyse des habitudes de vie mettait en évidence plusieurs comportements associés à une symptomatologie d’insomnie plus importante. Le score ISI moyen de l’ensemble de la population était de 7,7±5,5. Les participants consommant des stimulants avant le coucher présentaient un score ISI supérieur à celui des non-consommateurs (8,78±5,88 vs 7,55±5,51 ; p=0,002). Une association significative était également retrouvée avec la prise d’un dîner copieux (8,45±5,86 vs 7,18±5,29 ; p< 0,001), le tabagisme (8,90±5,90 vs 7,44±5,46 ; p< 0,001) et la consommation d’alcool (8,78±5,88 vs 7,55±5,51 ; p=0,002). L’utilisation chronique d’antalgiques, de tranquillisants et d’hypnotiques était également associée à des scores ISI plus élevés, respectivement de 9,39±6,16, 10,48±6,67 et 11,25±6,94 (p< 0,001 pour chacune). L’utilisation d’Internet avant le coucher était associée à un score ISI plus élevé (7,85±5,62 vs 6,08±5,20 ; p=0,007), avec une augmentation du score chez les sujets passant plus de 3 heures par jour sur Internet (8,63±5,82 ; p< 0,001). Concernant l’insomnie sévère, elle était significativement plus fréquente en présence d’un dîner copieux (1,5% vs 0,8% ; p=0,002), d’une utilisation chronique d’antalgiques, d’hypnotiques ou de tranquillisants, ainsi que chez les sujets utilisant Internet plus de 3 heures par jour (1,6% vs 0,1% pour une durée < 1 heure ; p=0,001). En revanche, aucune association significative n’était retrouvée avec la consommation de stimulants, le tabagisme ou l’alcool.

Conclusion

Certaines habitudes de vie semblent contribuer au risque d’insomnie chez les professionnels de santé tunisiens. Leur prise en compte pourrait renforcer les stratégies de prévention et favoriser une meilleure qualité du sommeil dans cette population.


Dhifallah H. * ; Bellakhel O. * ; Kallel N. * ; Gargouri R. * ; Msaad S. * ; Moussa N. * ; Kammoun S. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.