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Introduction
Le tabagisme constitue un facteur de risque majeur de pneumothorax spontané. Cependant, les caractéristiques du tabagisme chez ces patients ainsi que ses éventuelles associations avec les caractéristiques du pneumothorax, sa prise en charge et son évolution restent moins bien documentées.
L'objectif de notre étude était d'évaluer l'exposition tabagique cumulée chez les patients pris en charge pour pneumothorax spontané et ses associations avec les caractéristiques cliniques, radiologiques et évolutives du pneumothorax.
Méthodes
Nous avons réalisé une étude rétrospective portant sur 72 patients pris en charge pour un pneumothorax spontané. Les données démographiques, le statut tabagique, les caractéristiques de la consommation tabagique, les caractéristiques cliniques et radiologiques du pneumothorax, les modalités thérapeutiques et l’évolution ont été recueillis. L’exposition cumulée au tabac était exprimée en paquets-années (PA).
Résultats
Parmi les 72 patients, 39 (54%) étaient des fumeurs actifs, 19 (26%) d’anciens fumeurs et 14 (19%) des non-fumeurs. La consommation tabagique était caractérisée par un âge moyen d’initiation relativement précoce, à 14 ans, une durée moyenne de consommation de 18 ans et une exposition cumulée moyenne de 18±17 paquets-années. Le profil tabagique variait significativement selon le sexe et l’âge, avec une augmentation significative de l’exposition cumulée avec l’âge (p=0,001).
La consommation cumulée était significativement plus élevée chez les patients présentant un pneumothorax spontané secondaire que chez ceux présentant un pneumothorax spontané primaire (p=0,014). Une association significative a également été retrouvée entre le statut tabagique et l’étendue du pneumothorax (p=0,009). Au scanner thoracique, une consommation cumulée plus importante était retrouvée chez les patients présentant un emphysème. Aucune association statistiquement significative n’a été retrouvée entre le tabagisme et les principales modalités de prise en charge, notamment le drainage thoracique, sa durée ou le recours à la chirurgie. De même, aucune association significative n’a été retrouvée entre le tabagisme et la récidive du pneumothorax. Parmi les 39 fumeurs actifs, 11 (28%) ont rapporté un sevrage après l’épisode, tandis que 28 (72%) ont poursuivi leur consommation.
Conclusion
Le tabagisme est fréquent chez les patients présentant un pneumothorax spontané et associé à une exposition cumulée importante, notamment en cas de pneumothorax secondaire ou d’emphysème. Malgré la survenue du pneumothorax, la majorité des fumeurs poursuivaient leur consommation, soulignant l’intérêt d’une évaluation systématique du tabagisme et de la mise en place d’une prise en charge précoce du sevrage.