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Les futurs médecins face au tabagisme : que savent-ils, que pensent-ils, que font-ils ?

Laouar L.*1,3 ; Dammene Debbih N.2,3 ; Hammamda K.1,3 ; Abderrahim S.1,3
1Service de Pneumologie, Centre Hospitalo-Universitaire Mustapha, Alger, Algérie ; 2Service de Cardiologie, Centre Hospitalo-Universitaire Mustapha, Alger, Algérie ; 3Université des Sciences de la Santé Youcef El Khatib, Alger, Algérie

Auteur correspondant : Laouar L. 

Introduction

Le tabagisme reste une cause majeure et évitable de mortalité, responsable de plus de plusieurs millions de décès annuels dans le monde et de plus de dix mille décès chaque année en Algérie. Les étudiants en médecine, futurs acteurs de la prévention et du sevrage tabagique, jouent un rôle clé, mais leurs connaissances, attitudes et pratiques restent insuffisamment documentées. Les objectifs de cette étude sont d'évaluer les connaissances des étudiants en médecine sur les risques du tabagisme, identifier leurs attitudes et pratiques, et analyser les facteurs associés à la consommation tabagique dans cette population.

Méthodes

Étude descriptive transversale multicentrique menée auprès de 123 étudiants en médecine des Facultés d'Alger et de Blida, inscrits en 5ème, 6ème année. Les données ont été recueillies au moyen d'un questionnaire standardisé et anonyme de 35 questions. Les comparaisons de proportions ont été testées par le test du Chi² (χ²), le seuil de significativité étant fixé à p < 0,05.

Résultats

L'âge moyen des participants était de 23,5±2,3 ans, avec une prédominance féminine (68%, n=84/123). La prévalence globale du tabagisme (cigarette) était de 22,8% (n=28/123), celle du narguilé de 15,4% (n=19/123). Le tabagisme actif était plus fréquent chez les hommes (15,8%, n=6/39) que chez les femmes (7%, n=6/84), sans différence statistiquement significative (p=0,152). Quarante-trois pour cent des étudiants avaient au moins un parent fumeur. Plus de la moitié des étudiants disposaient de connaissances satisfaisantes sur les risques du tabagisme actif, et la connaissance des méfaits du tabagisme passif (78%, n=96/123) était significativement supérieure à celle du tabagisme actif (50%, n=62/123) (p < 0,0001). La cigarette électronique est perçue comme moins nocive, mais non sans risque, tandis que la nocivité du narguilé est largement sous-estimée (26,3% vs 100% pour la cigarette ; p < 0,0001).

Conclusion

Cette étude met en évidence une prévalence tabagique non négligeable chez les étudiants en médecine, ainsi qu’une sous-estimation significative de la nocivité du narguilé par rapport à la cigarette conventionnelle. Fait notable, les connaissances relatives aux effets du tabagisme passif semblaient supérieures à celles concernant certaines conséquences du tabagisme actif, notamment digestives et bucco-dentaires. Ces résultats soulignent la nécessité de renforcer, dès la formation médicale, les connaissances sur les risques liés aux différentes formes d’exposition tabagique afin de consolider le rôle préventif des futurs professionnels de santé.


Laouar L. * ; Dammene Debbih N. * ; Hammamda K. * ; Abderrahim S. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.