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Introduction
Bien que les maladies respiratoires chroniques (asthme et BPCO) soient responsables d’une morbidité importante, elles sont largement méconnues du grand public. La raréfaction du maillage pneumologique et en médecine générale contribue largement à la méconnaissance de la santé respiratoire. Des initiatives locales de dépistage et d’information se développent largement en France. En novembre 2025, l’équipe de pneumologie du CHU de Toulouse a ainsi organisé un dépistage en centre-ville.
Méthodes
Tous les sujets pouvaient venir spontanément répondre à un questionnaire court (âge, poids, taille, statut tabagique, antécédents respiratoires, symptômes respiratoires, antécédents de consultation avec un pneumologue et d’examen du souffle). Ils bénéficiaient ensuite d’une spirométrie, avec test au bronchodilatateur en cas de trouble ventilatoire obstructif. Une information sur le sevrage tabagique leur était ensuite proposée. Enfin, en cas de spirographie anormale, le conseil de consulter un pneumologue leur était donné.
Résultats
Deux cent seize sujets ont été vus lors de cette journée (F=129), d’âge moyen 55 (14 – 91) ans, avec un IMC en moyenne de 24,7 (16,67-39,89) kg/m2. La majorité des patients était non-fumeurs (n=125, 57,9%) ou ex-fumeurs (n=41, 19%). Soixante-treize sujets (33,8%) étaient strictement asymptomatiques. Ils avaient tous une spirométrie normale.
En cas de symptôme, la toux (n=87, 40,3%) est la plus fréquente, suivie par la perception de sifflements (n=78, 36,1%). L’essoufflement n’est rapporté que pour 44 sujets (20,4%). La spirométrie est considérée comme normale dans 75,5% des cas (n=163). Trente-huit sujets ont un profil obstructif (17,6%) alors qu’on peut suspecter un trouble ventilatoire restrictif sur 6,9% des spirométries. L’obstruction est plus fréquemment retrouvée chez les fumeurs actuels (n=52, 24,0%) que chez les non-fumeurs (n=29, 13,6%) sans significativité (p=0,19). Seuls 25 sujets avaient vu un pneumologue au moins 1 fois mais 61 (28,2%) avaient déjà bénéficié d’un examen du souffle. Plusieurs biais sont relevables, et notamment le fait le biais de recrutement. Les sujets « attirés » par ce type de dépistage sont souvent préoccupés par leur souffle et plus généralement par leur santé, ce qui peut expliquer le relatif petit nombre de sujets fumeurs. Par ailleurs, on ne peut pas parler de BPCO avec ce type d’examen partiel.
Conclusion
On constate un intérêt du public pour ce type de dépistage et une méconnaissance des pathologies : sur 216 sujets, 192 ignoraient le terme BPCO. . .
Les résultats sont globalement concordants avec ceux rapportés il y a 2 ans par le Dr Sabatini (1). La multiplication d’initiatives de ce genre a pour but d’informer la population sur une pathologie mal connue, la BPCO, et souligne l’importance de la prise en charge du tabagisme. Par ailleurs cela permet de donner accès à la spirométrie ainsi qu’à une information sur le sevrage tabagique trop confidentielle dans nos régions.
Références
[1] Sabatini M et al. Analyse des 223 spirométries réalisées lors de l'évènementiel Mai Poumon, Bayonne. Revue des Maladies Respiratoires Actualités Vol. 17, N° 1, Pages 75-76