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Introduction
Le sommeil est essentiel à la santé, aux fonctions cognitives et aux performances professionnelles. Les médecins internes sont particulièrement exposés aux perturbations du sommeil en raison des gardes, des horaires prolongés, du travail nocturne et de la charge de travail. Cette étude avait pour objectif d’évaluer la qualité du sommeil des médecins internes du CHU Mohammed VI d’Agadir, et d’étudier son association avec les contraintes professionnelles, notamment la fréquence des gardes et la charge de travail.
Méthodes
Étude transversale analytique menée auprès de 108 médecins internes du CHU Mohammed VI d’Agadir. Les données sociodémographiques, professionnelles et les habitudes de vie ont été recueillies par questionnaire anonyme. La qualité du sommeil a été évaluée par le Pittsburgh Sleep Quality Index (PSQI), une mauvaise qualité du sommeil étant définie par un score>5. Les associations entre qualité du sommeil et facteurs professionnels ont été recherchées. Le seuil de significativité était fixé à p< 0,05.
Résultats
Au total, 108 médecins internes ont été inclus dans l’étude. La population était majoritairement féminine (64,8%), célibataire (92,6%) et sans enfant (100%). Les internes de première année représentaient 53,7% et ceux de deuxième année 46,3%. La majorité exerçait dans un service médical (70,4%) contre 29,6% dans un service chirurgical. La charge professionnelle était importante, avec 72,2% des internes travaillant plus de 40 heures par semaine. Le nombre moyen de gardes était de 11,6±4,7 gardes/mois, avec une médiane de 12 et des extrêmes de 1 à 20, 20,4% effectuaient moins de 8 gardes/mois, 14,8% entre 8 et 12 et 64,8% plus de 12 gardes/mois. Les gardes étaient résidentielles chez 81,5% des participants. Une exposition fréquente à des situations professionnelles stressantes ou urgentes était rapportée par 83,3% des internes. Par ailleurs, 85,2% estimaient que leurs horaires de travail affectaient fortement leur sommeil. Concernant les habitudes de vie, 24,1% pratiquaient une activité physique régulière, tandis que 46,3% (n=50) consommaient quotidiennement du café. Des habitudes toxiques étaient rapportées par 11,1% (n=12) des participants, dont 5,6% étaient consommateurs et 5,6% sevrés. L’évaluation de la qualité du sommeil par le Pittsburgh Sleep Quality Index (PSQI) était exploitable chez 98 participants. Le score PSQI moyen était de 9,71±3,27/21, et 89,8% présentaient une mauvaise qualité du sommeil (PSQI>5). Une association significative était retrouvée entre les catégories de fréquence des gardes et la qualité du sommeil (p< 0,001), avec une mauvaise qualité du sommeil chez 54,5% des internes effectuant moins de 8 gardes/mois, 82,4% de ceux effectuant 8 à 12 gardes et 92,3% de ceux effectuant plus de 12 gardes. La durée de sommeil était significativement plus courte chez les internes ayant une mauvaise qualité du sommeil (médiane : 5 vs 7 heures ; p< 0,001).
Conclusion
Une très forte prévalence de mauvaise qualité du sommeil est observée chez les médecins internes. La fréquence élevée des gardes et la réduction du temps de sommeil sont significativement associées à cette altération. L’étude souligne l’importance de mieux prendre en compte les contraintes professionnelles et les habitudes de vie dans la prévention des troubles du sommeil chez les jeunes médecins.