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CATAPLASthMA : au-delà du phénotype inflammatoire, quelle place pour le profil psychologique dans l’asthme sévère ?

Laurent L.1 ; Taillé C.2,3 ; Perotin J-M.3,4 ; Puyraveau M.5,6 ; Mauny F.5,6 ; Barnig C.*1,3,7
1Service de Pneumologie, CHU de Besançon, Besançon, France ; 2Service de Pneumologie, Allergologie et Transplantation, Hôpital Bichat, AP-HP, Université Paris Cité, Paris, France ; 3Clinical Research Initiative in Severe Asthma (CRISALIS), F-CRIN, France ; 4Université de Reims Champagne-Ardenne, INSERM, CHU de Reims, P3Cell UMR-S 1250, Reims, France ; 5uMETh, CIC 1431 INSERM, CHU de Besançon, Besançon, France ; 6Université Marie et Louis Pasteur, CNRS, Chrono-environnement UMR 6249, Besançon, France ; 7Université Marie et Louis Pasteur, EFS, INSERM, UMR RIGHT, Besançon, France

Auteur correspondant : Barnig C.  

Introduction

La prise en charge de l’asthme sévère repose principalement sur l’évaluation du phénotype inflammatoire, du contrôle de la maladie, des exacerbations et des comorbidités. Les dimensions psychologiques et comportementales, susceptibles d’influencer le vécu de la maladie, l’adhésion thérapeutique et la relation de soin, restent cependant peu étudiées. L’étude CATAPLASthMA avait pour objectif de caractériser ces dimensions chez des patients atteints d’asthme et d’explorer leurs relations avec les caractéristiques cliniques de la maladie.

Méthodes

CATAPLASthMA est une étude multicentrique menée dans trois centres français. Les patients ont bénéficié d’une caractérisation clinique de leur asthme associée à une évaluation multidimensionnelle comprenant la personnalité (Big Five Inventory), le style d’attachement, les stratégies de coping spécifiques à l’asthme (ACL-F), les symptômes anxiodépressifs (HADS), la qualité de vie (AQLQ), l’adhésion thérapeutique (MARS) et l’alliance thérapeutique (WAI-SR). Les associations entre ces dimensions et les caractéristiques démographiques et cliniques, notamment le contrôle de l’asthme et les exacerbations, ont été explorées.

Résultats

Au total, 232 patients ont été inclus, dont 187 présentant un asthme sévère et 45 un asthme modéré. Comparativement aux patients modérés, les patients sévères présentaient un moins bon contrôle de l’asthme (ACT médian : 19 vs 21 ; p < 0,01), davantage d’exacerbations au cours des 12 derniers mois (1 [0–3] vs 0 [0–0] ; p < 0,0001) et une qualité de vie plus altérée (AQLQ global : 5,11 vs 5,72 ; p < 0,01). En revanche, aucune dimension isolée du Big Five ne distinguait significativement les asthmes sévères des modérés après correction pour comparaisons multiples. Dans l’ensemble de la population, un moins bon contrôle de l’asthme était corrélé à davantage de symptômes dépressifs (r=−0,4 ; p < 0,001), anxieux (rₛ=−0,3 ; p < 0,001) et de réactions émotionnelles face à l’asthme (r=−0,26 ; p < 0,001) indépendamment de l’âge, du sexe et de la sévérité de l’asthme. Chez les patients présentant un asthme sévère, une analyse exploratoire des dimensions du Big Five faisait émerger deux profils de personnalité. Le profil caractérisé par un névrosisme plus élevé et des scores plus faibles d’ouverture, de conscienciosité, d’extraversion et d’agréabilité était associé à davantage d’anxiété (HADS-A : 8,5 vs 6,0 ; p=0,001), de dépression (HADS-D : 6,0 vs 3,0 ; p < 0,001), de réactions émotionnelles face à l’asthme (12 vs 11 ; p=0,003) et à des stratégies de gestion de l’asthme moins adaptées (18 vs 20 ; p < 0,001).

Conclusion

Au-delà de la sévérité de l’asthme, nos résultats mettent en évidence des associations entre le contrôle de la maladie et plusieurs dimensions psychologiques. Si aucun trait de personnalité isolé ne caractérise l’asthme sévère, l’analyse combinée des dimensions de personnalité identifie un profil associé à davantage de symptômes anxiodépressifs et à des stratégies de coping moins adaptées. Ces résultats soulignent l’intérêt d’une approche multidimensionnelle intégrant les dimensions psychologiques et comportementales à l’évaluation des patients atteints d’asthme sévère.


Laurent L. * ; Taillé C. * ; Perotin J-M. * ; Puyraveau M. * ; Mauny F. * ; Barnig C. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.