·
Introduction
L’hémoptysie est un symptôme fréquent en pneumologie, dont les causes sont multiples et parfois graves. Elle peut révéler une pathologie tumorale, infectieuse ou bronchique. L’identification de son étiologie permet d’orienter rapidement la prise en charge. Le but du travail est de déterminer les principales étiologies des hémoptysies prises en charge dans notre service.
Méthodes
Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive réalisée au sein du service de pneumologie de l’Hôpital Arrazi du CHU Mohammed VI de Marrakech. Elle a porté sur les patients pris en charge pour hémoptysie entre janvier 2024 et Juillet 2026.
Résultats
Nous avons colligé 82 patients. L’âge moyen était de 53 ± 16 ans, avec une prédominance masculine (72 %). Un tabagisme actif ou sevré était retrouvé chez 51 % des patients.L’hémoptysie était de faible abondance dans la majorité des cas (61 %), de moyenne abondance chez 39 % des patients. Elle était inaugurale chez la majorité des patients, tandis que 18 % rapportaient des épisodes récidivants. Sur le plan étiologique, le cancer bronchopulmonaire représentait la première cause d’hémoptysie (28 %). Il s’agissait principalement de patients âgés et tabagiques. Le diagnostic était orienté par l’imagerie thoracique et confirmé, lorsque cela était possible, par un prélèvement anatomopathologique.La tuberculose pulmonaire occupait la deuxième place avec 24 % des cas. Elle était diagnostiquée sur des arguments clinico-radiologiques et microbiologiques. Certains patients présentaient des lésions cavitaires ou des atteintes parenchymateuses susceptibles d’expliquer l’hémoptysie.Les dilatations des bronches (DDB) constituaient la troisième étiologie, retrouvées dans 18 % des cas. Elles étaient généralement associées à des antécédents d’infections respiratoires récidivantes et à une hémoptysie parfois récidivante. Le diagnostic était principalement retenu sur la tomodensitométrie thoracique. Les infections broncho-pulmonaires représentaient 13 % des étiologies. Elles comprenaient principalement les pneumonies et les infections bronchiques, avec une évolution favorable après un traitement adapté.Les séquelles pulmonaires post-tuberculeuses, notamment les lésions cavitaires séquellaires, étaient retrouvées dans 7 % des cas et constituaient une cause d’hémoptysie parfois récidivante.Dans 9 % des cas, aucune étiologie précise n’a pu être retenue malgré la réalisation d’un bilan diagnostique comprenant l’imagerie thoracique et, selon les indications, une exploration bronchique.La radiographie thoracique était anormale dans la majorité des cas, tandis que la tomodensitométrie thoracique permettait de préciser l’origine de l’hémoptysie et d’orienter le diagnostic étiologique dans la plupart des situations. Ainsi, les étiologies tumorales et infectieuses prédominaient dans notre étude, avec une première place occupée par le cancer bronchopulmonaire, suivi de la tuberculose pulmonaire, des DDB et des infections broncho-pulmonaires.
Conclusion
L’hémoptysie demeure une manifestation clinique fréquente en pneumologie, dont l’étiologie est variable et parfois potentiellement grave. Dans notre contexte, les causes tumorales, tuberculeuses et bronchiques prédominent. La démarche diagnostique doit être rigoureuse et systématique, reposant sur une évaluation clinique de la gravité, complétée par l’imagerie thoracique et, selon les indications, l’exploration bronchique. Une identification précoce de l’étiologie permet d’instaurer rapidement une prise en charge adaptée et d’améliorer le pronostic des patients.