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Introduction
L ' aspergillome pulmonaire constitue une complication fréquante des séquelles cavitaires pulmonaires,notamment d 'origine tuberculeuse. Sa prise en charge chirugicale peut étre associeé a une morbi-mortalité non négligeable. La complexité des lesions scannographiques pourrait refléter l importance des remaniements pleuro-parenchymateux et ainsi étre associeé a la difficulte operatoire et aux résultats postoperatoires
Méthodes
Nous avons réalisé une étude rétrospective au sein du service de chirurgie thoracique de l’hôpital Abderrahmen Mami de l’Ariana, portant sur 78 patients opérés pour aspergillome pulmonaire. Selon les aspects scanographiques, les patients ont été répartis en cinq groupes : excavation simple (G1) ; cavité contenant un grelot ou un matériel intracavitaire mobile (G2) ; condensation parenchymateuse (G3) ; pseudo-masse (G4) ; et forme pleuro-parenchymateuse complexe (G5), définie par l’association d’une lésion cavitaire ou condensante à un épaississement pleural important et/ou à des lésions séquellaires parenchymateuses importantes, des bronchectasies et/ou une atteinte pleurale extensive. L’association entre les différents aspects scanographiques et les données postopératoires a été analysée.
Résultats
L’âge médian était de 51 ans (16-81). La classification scanographique retrouvait 14 excavations simples (17,9%), 21 cavités avec grelot ou matériel mobile (26,9%), 6 condensations parenchymateuses (7,7%), 3 pseudo-masses (3,8%) et 34 formes pleuro-parenchymateuses complexes (43,6%). Une résection pulmonaire majeure, définie par une lobectomie, une bilobectomie ou une pneumonectomie, a été réalisée chez 60 patients (76,9%). Sa fréquence était plus élevée,atteignant 29/34 patients (85,3%) dans le groupe 5, contre 9/14 (64,3%) dans le groupe1Une complication postopératoire a été observée chez 26 patients (33,3%). Les complications comprenaient notamment la fièvre, l’atélectasie, la fuite aérienne prolongée, l’infection pulmonaire, l’infection pariétale, le pyothorax, l’hémothorax et la fistule bronchique. Aucune association statistiquement significative n’a été retrouvée entre le degré de complexité scanographique et les complications postopératoires globales (ρ=0,126)En revanche, la durée du drainage thoracique augmentait significativement avec la complexité scanographique. Les durées médianes étaient respectivement de 4(G1), 5(G2), 7(G3),5(G4), 9 et 5 jours(G5) selon les cinq groupes. La durée d’hospitalisation postopératoire était également significativement associée à la complexité radiologique (ρ=0,322 ; p=0,004), avec des médianes respectives de 5(G1), 7(G2), 10(G3), 10(G4) et 7,5 jours(G5). Trois décès postopératoires ont été observés. Aucune association significative n’a été retrouvée entre la complexité scanographique et la mortalité (ρ=0,038 ; p=0,744).
Conclusion
La complexité scanographique de l’aspergillome pulmonaire était associée à des suites postopératoires plus longues, notamment à une augmentation de la durée du drainage thoracique et du séjour hospitalier. En revanche,elle n’était pas significativement associée à la morbidité postopératoire globale ni à la mortalité. Ces résultats suggèrent que la complexité scanographique pourrait constituer un marqueur de la complexité des suites chirurgicales plutôt qu’un déterminant direct de la morbi-mortalité.