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Impact de l’immunothérapie sublinguale liquide (ITSL) sur les risques d’infections respiratoires, les troubles du sommeil et la santé mentale des patients allergiques avec ou sans asthme dans l'étude Efficapsi

Montagne R.1 ; Pillon-Menard S.1 ; Cottet J.2 ; Beaufils F.*3,4
1Stallergenes Greer, Antony, France ; 2Département de Pédiatrie, CIC-P 1401, Service d'Exploration Fonctionnelle Respiratoire, CHU Bordeaux, Bordeaux, France ; 3Centre de Recherche Cardio-Thoracique de Bordeaux, INSERM U1045, University of Bordeaux, Bordeaux, France.

Auteur correspondant : Montagne R. 

Introduction

Dans EfficAPSI, l’ITSL a démontré une réduction significative d’environ un tiers du risque d’apparition et de progression de l’asthme chez les patients atteints de RA¹. Nous avons évalué l’impact du traitement sur trois dimensions majeures du fardeau de la maladie : les infections respiratoires, les troubles du sommeil et les troubles de santé mentale, notamment l’anxiété et la dépression.

Méthodes

Dans la cohorte EfficAPSI (appariement du Système National des Données de Santé français avec le registre de délivrance de Stallergenes Greer), les patients ayant reçu une ITSL ont été comparés à des témoins traités symptomatiquement seulement. Les patients ont été suivis pendant 8 ans à partir de la date index (première délivrance). Les événements étudiés étaient : Infection respiratoire : hospitalisation pour infection respiratoire ou pneumonie, ou traitement antibiotique associé à une imagerie pulmonaire. Trouble du sommeil : délivrance d’hypnotique ou prise en charge spécialisée du sommeil. Anxiété : hospitalisation, affection de longue durée (ALD) pour anxiété ou traitements anxiolytiques répétés. Symptômes dépressifs : hospitalisation, ALD pour dépression ou traitements antidépresseurs répétés. L'impact de l’ITSL a été évalué chez les patients sans antécédent de ces événements à l'inclusion, à l'aide d'un modèle de régression de Cox à risques proportionnels avec ajustement par pondération inverse sur le score de propension au traitement.

Résultats

À la date index (112 492 patients sous ITSL et 333 082 témoins), les proportions respectives de patients ayant présenté au moins un épisode d’infection respiratoire ou de pneumonie étaient de 4,2% vs 6,1%. Celles présentant des troubles du sommeil, de l’anxiété ou une dépression étaient de 8,8% vs 14,3%, 3,4% vs 7,6% et 6,9% vs 11,0% (patients exposés vs témoins ; p < 0,001). Pendant le suivi, l’ITSL a été associée à un risque significativement plus faible d’infection respiratoire ou de pneumonie vs témoins (HR : 0,58 [IC 95% : 0,56-0,60]). Chez les patients asthmatiques la diminution du risque d’infection respiratoire ou de pneumonie était également significative vs témoins (HR : 0,57 [IC 95% : 0,53-0,61]). L’ITSL était associée à un risque significativement plus faible de troubles du sommeil (HR : 0,75 [IC 95% : 0,72-0,77]), d’anxiété (HR : 0,49 [IC 95% : 0,47-0,52]) et de symptômes dépressifs vs témoins (HR : 0,68 [IC 95% : 0,65-0,70]).

Conclusion

L’ITSL a réduit le risque d’infections respiratoires, de pneumonies et de troubles du sommeil chez les patients atteints de RA. Par ailleurs, le risque d’anxiété a été réduit de moitié et celui de dépression d’environ un tiers. Dans leur ensemble, ces résultats suggèrent qu’au-delà de son efficacité clinique, l’ITSL a le potentiel d’améliorer la qualité de vie globale des patients.

Références

[1] Lancet Reg Health-Eur 2024 ; 41 : 100915


Montagne R. Employé de Stallergenes Greer ; Pillon-Menard S. Employé de Stallergenes Greer ; Cottet J. honoraires et/ou activités de conseil avec ALK, AstraZeneca, GSK, Menarini, Sanofi, StallergenesGreer, Zambon ; Beaufils F. honoraires et/ou activités de conseil avec Sanofi, GSK et ALK.