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Évaluation prospective de l’intérêt de l’échographie pulmonaire et diaphragmatique pour le dépistage précoce des complications post- transplantation pulmonaire

Lavenuta J.*1 ; Furstenberger M.1 ; Leroux J.1 ; Siegel A.1 ; Dégot T.1 ; Hirschi S.1 ; Schuller A.1 ; Nassurally F.1 ; Falcoz PE.2 ; Olland A.2 ; Tacquard C.3 ; Kessler R.1 ; Renaud-Picard B.1
1Service de Pneumologie, Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, Strasbourg, France ; 2Service de chirurgie Thoracique, Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, Strasbourg, France ; 3Service de Réanimation chirurgicale polyvalente, Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, Strasbourg, France

Auteur correspondant : Renaud-Picard B. 

Introduction

Les complications après transplantation pulmonaire (TP) sont fréquentes et grèvent le pronostic post-TP. Le Baseline Lung Allograft Dysfunction (BLAD), défini comme l'échec d'atteindre une fonction respiratoire optimale à un an, constitue un possible facteur pronostique dont l'identification précoce reste difficile. L'échographie pleuropulmonaire et diaphragmatique permet d’obtenir une évaluation non invasive, non irradiante et répétable au lit du patient. L'objectif de cette étude prospective, monocentrique était d'évaluer l'apport d'un protocole échographique multimodal durant la première année post-TP pour le suivi de l’évolution du greffon et le dépistage du BLAD.

Méthodes

Tous les patients adultes ayant bénéficié d'une TP bipulmonaire entre juillet 2024 et juillet 2026 à Strasbourg ont été inclus prospectivement. Une évaluation échographique standardisée associée au suivi habituel était réalisée à 1, 3, 6 et 12 mois (M1, M3, M6, M12), combinant un score d'aération estimé sur 12 zones thoraciques (0–36), un score d'excursion diaphragmatique (0–4) et la recherche d'épanchement pleural. (1) Les données cliniques, radiologiques et fonctionnelles étaient recueillies prospectivement. Le diagnostic de BLAD était retenu à un an selon les critères ISHLT 2026.

Résultats

Trente-sept patients ont été inclus (56,8% d'hommes, âge moyen 60,6±5,2 ans). La principale indication de TP était la BPCO (64,9%). Le score d'aération diminuait significativement de 4,24±2,20 à M1 à 0,94±1,65 à M12 (p < 0,0001). Une dysfonction diaphragmatique était retrouvée chez 43,2% des patients à M1, avec une normalisation progressive (87,5% à M12). Le score diaphragmatique était négativement corrélé à la CVF et au VEMS à M1 (r=-0,66 et -0,61 ; p< 0,001) et à M6 (r=-0,60 et -0,41 ; p < 0,05), alors qu'aucune corrélation n’était observée entre le score d’aération et les valeurs de spirométrie. Parmi les 16 patients ayant atteint un an de suivi, un diagnostic de BLAD était confirmé chez 8 d'entre eux (50%), dont 4 avec un phénotype restrictif. À M6, les patients avec BLAD présentaient des scores d’aération (2,25±2,71 vs 0,50±0,53) et diaphragmatique (0,50±0,93 vs 0,00) plus élevés, sans différence significative.

Conclusion

L’échographie pulmonaire et diaphragmatique réalisée en post-TP au lit du patient pourrait constituer un outil prometteur pour identifier les patients présentant un risque élevé de complications, notamment de BLAD, et pourrait être intégrée au suivi de routine. Le score d’aération évoluait conformément à la résolution attendue des anomalies postopératoires précoces, sans être corrélé à la fonction pulmonaire, contrairement au score diaphragmatique. Des études multicentriques seront nécessaires pour confirmer ces premiers résultats.

Références

[1] Marini TJ, Rubens DJ, Zhao YT, Weis J, O’Connor TP, Novak WH, et al. Lung Ultrasound : The Essentials. Radiol Cardiothorac Imaging. 2021 ;3(2):e200564.


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*Déclare ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.