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Introduction
Les cancers primitifs du poumon avec envahissement pariétal constituent des cancers localement avancés, classés T3 ou T4 selon la 9ᵉ classification TNM, dont la prise en charge repose sur une approche multidisciplinaire. La chirurgie représente un pilier thérapeutique majeur chez les patients sélectionnés présentant une tumeur résécable. La résection en-bloc, constitue la technique de référence lorsqu'une résection complète (R0) est réalisable, permettant d'obtenir les meilleurs résultats carcinologiques. Cependant, cette chirurgie complexe peut être associée à une morbidité postopératoire considérable.
Méthodes
Il s'agit d'une étude rétrospective descriptive incluant tous les patients présentant un cancer bronchopulmonaire avec envahissement de la paroi thoracique, opérés entre janvier 2019 et juillet 2026, et ayant bénéficié d'une résection pariétale associée à la résection pulmonaire. Les paramètres étudiés comprenaient les caractéristiques démographiques, cliniques et paracliniques, les caractéristiques tumorales, les modalités de la résection pariétale notamment le nombre et la localisation des côtes réséquées, ainsi que la durée opératoire et la morbidité postopératoire.
Résultats
Quarante-six patients ont été inclus, dont 44 hommes et 2 femmes. Une résection costale a été réalisée chez l’ensemble des patients. Cinq patients ont bénéficié d’une résection vertébrale associée. Le nombre moyen de côtes réséquées était de 2,5 : une côte chez 4 patients, deux côtes chez 22, trois côtes chez 13 et quatre côtes chez 7 patients. Une reconstruction pariétale a été réalisée chez 5 patients, dont 3 par plaque en polypropylène et 2 par broches. La durée opératoire moyenne était de 189,6 minutes. Une morbidité postopératoire a été observée chez 20 patients (43,5%). Les complications les plus fréquentes étaient l'atélectasie (6 cas, 13,0%), le bullage prolongé et le chylothorax (5 cas chacun, 10,9%), suivis de la pneumopathie et de l'ACFA (3 cas chacune, 6,5%). Une fistule bronchopleurale, une hémorragie et un pneumothorax ont chacun été observés dans un cas (2,2%). La mortalité péri-opératoire était nulle. La mortalité postopératoire était de 13,0% (6 décès), secondaire à une pneumopathie avec encombrement bronchique chez 5 patients et à un trouble du rythme cardiaque chez 1 patient. Aucun facteur analysé n'atteignait le seuil de significativité statistique stricte, mais plusieurs tendances étaient observées : une résection de 3 côtes ou plus (60,0% vs 30,8% de morbidité, p=0,073), une taille tumorale≥70 mm (55,6% vs 35,7%, p=0,231), une durée opératoire prolongée (209 vs 175 minutes en moyenne, p=0,118) et une résection incluant la 1ère côte (75,0% vs 40,5%, p=0,303) étaient associés à un taux de complications plus élevé.
Conclusion
La morbidité postopératoire semble être liée à l’intrication de plusieurs facteurs. Une tumeur de grande taille implique souvent un envahissement pariétal plus étendu, une résection costale plus importante et une durée opératoire prolongée. Les tumeurs de Pancoast-Tobias avec atteinte de la première côte semblent s'associer à une morbidité postopératoire plus importante.