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Chylothorax postopératoire : du traitement conservateur à la chirurgie, quelle stratégie ?

Hadj Dahmane M.*1 ; Abdelkbir A.1 ; Abdennadher M.1 ; Zribi H.1 ; Souilhi J.2 ; Ouerghi S.2 ; Bouassida I.1 ; Marghli A.1
11 Service de chirurgie Thoracique, Hôpital Abderahmen Mami, Ariana, Tunisie ; 22 Service d' anesthésie Réanimation, Hôpital Abderahmen Mami, Ariana, Tunisie

Auteur correspondant : Hadj Dahmane M. 

Introduction

Le chylothorax postopératoire constitue une complication rare de la chirurgie thoracique, résultant le plus souvent d’une lésion du canal thoracique au cours du geste chirurgical. Son évolution peut être responsable de pertes nutritionnelles et lymphocytaires importantes, justifiant une prise en charge adaptée au débit du drainage et à son évolution. Le traitement repose sur une approche graduée, allant des mesures conservatrices à la chirurgie en cas de persistance ou d’échec du traitement médical.

Matériels et méthodes

Étude rétrospective monocentrique incluant les patients pris en charge pour un chylothorax postopératoire au sein du service de chirurgie thoracique de l’Hôpital Abderrahmen Mami d’Ariana, entre janvier 1998 et décembre 2025. Les données cliniques, les indications chirurgicales, les modalités thérapeutiques et l’évolution ont été analysées.

Résultats

Trente et un patients ont été inclus (17 hommes et 14 femmes ; sex-ratio : 1,21), avec un âge moyen de 52 ans (extrêmes : 14–75 ans). Le diagnostic a été évoqué devant l’apparition d’un liquide pleural lactescent associée à une augmentation du débit de drainage entre le 1er et le 18e jour postopératoire, puis confirmé par l’analyse biochimique. Le débit initial de drainage variait de 800 à 1 500 mL/j. Les principales indications chirurgicales étaient les carcinomes œsophagiens (22,6%), les métastases pleurales (22,6%), les adénocarcinomes pulmonaires (16,1%), les thymomes (12,9%) et les dilatations des bronches (12,9%). Un traitement conservateur associant drainage pleural, régime pauvre en graisses à base de triglycérides à chaîne moyenne et traitement médical a été instauré d’emblée chez tous les patients. Il a permis le tarissement du chylothorax chez 16 patients (51,6%), dans un délai moyen de 5 jours. Chez les patients présentant un débit de drainage élevé et une évolution défavorable, le traitement conservateur a échoué, nécessitant une réintervention chirurgicale chez 15 patients (48,4%). Une ligature du canal thoracique a été réalisée chez tous ces patients, principalement par voie thoracoscopique. Les suites opératoires ont été simples dans la majorité des cas.

Conclusion

Le chylothorax postopératoire peut être contrôlé par un traitement conservateur chez environ la moitié des patients. En cas de persistance d’une fuite à haut débit ou d’échec du traitement médical, une réintervention précoce permet un contrôle efficace de la fuite. La ligature du canal thoracique, réalisée préférentiellement par voie mini-invasive, constitue ainsi une option thérapeutique fiable dans les formes réfractaires


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*Déclare ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.