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Introduction
La transplantation pulmonaire (TP) représente un recours thérapeutique pour certaines causes d’insuffisance respiratoire terminale. Les récents progrès médico-chirurgicaux ont permis une amélioration de la survie et de la qualité de vie après TP. Cependant, la réinsertion professionnelle constitue un enjeu majeur d’autonomie et de réintégration sociale, mais reste encore trop peu étudiée chez les patients transplantés pulmonaires. En l’absence de données françaises spécifiques sur le sujet, nous avons décrit les trajectoires professionnelles des transplantés pulmonaires suivis dans notre centre et recherché les facteurs associés au retour en emploi, en évaluant également l’utilisation des dispositifs médico-sociaux et les expositions professionnelles rencontrées.
Méthodes
Nous avons mené une étude descriptive, monocentrique et rétrospective entre décembre 2024 et juin 2025 auprès de patients adultes transplantés pulmonaires suivis aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg. Les patients ont rempli un auto-questionnaire anonyme lors de leur suivi médical de routine, permettant de recueillir des données sociodémographiques, cliniques, professionnelles et sociales.
Résultats
Parmi les 360 patients éligibles, 236 questionnaires ont été collectés et analysés (taux de réponse de la population cible : 65,5%). L’âge moyen était de 59,9 ans (±11,9) et 53,8% des patients étaient des hommes. Avant transplantation, 152 patients (64%) étaient actifs. Après transplantation, 78 (33%) exerçaient une activité professionnelle : 59 avaient repris leur emploi antérieur, 18 avaient débuté une activité professionnelle et 1 retraité avait démarré un cumul emploi retraite (cf. Figure 1-Diagramme de flux). En analyse multivariée, un âge≤55 ans (OR ajusté : 4,47 ; IC95% : 1,89–10,59 ; p=0,001) et la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) après transplantation (OR ajusté : 5,79 ; IC95% : 2,15–15,61 ; p=0,001) étaient indépendamment associés au retour à l’emploi. La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) comme indication de transplantation était associée à une moindre probabilité de reprise (OR ajusté : 0,43 ; IC95% : 0,19–0,99 ; p=0,048). Par ailleurs, 42 patients (17,8%) estimaient dans leurs réponses qu’il existait une contribution professionnelle à la maladie respiratoire ayant mené à la TP, mais seuls 7 avaient obtenu une reconnaissance en maladie professionnelle.
Conclusion
La réinsertion professionnelle avant et après TP repose sur des déterminants médicaux et socio-professionnels multiples. Ces résultats suggèrent des lacunes dans le suivi en santé au travail, une sous-utilisation des dispositifs médico-sociaux et une sous-reconnaissance des maladies respiratoires d’origine professionnelle chez les patients transplantés pulmonaire. Ce travail souligne la nécessité d’une prise en charge précoce et coordonnée, associant rééducation, accompagnement médico-social et collaboration entre pneumologues et médecins du travail. D’autres études prospectives multicentriques devront être réalisées pour compléter les données sur le sujet.