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Introduction
Le cancer bronchopulmonaire représente l’une des principales causes de mortalité par cancer dans le monde. Le vieillissement s’accompagne souvent de comorbidités et d’une altération de l’état général, pouvant influencer le pronostic.
L’objectif de ce travail était de déterminer les caractéristiques cliniques, thérapeutiques et évolutives du cancer bronchopulmonaire chez les sujets âgés.
Méthodes
Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive à visée analytique portant sur les dossiers de patients suivis pour un cancer bronchopulmonaire au service de pneumologie de l’hôpital Ibn Al Jazzar de Kairouan sur la période 2014–2025. Deux groupes ont été définis : G1, patients âgés de plus de 65 ans (n=86), et G2, patients de moins de 65 ans (n=97).
Résultats
183 patients ont été colligés. L’âge moyen était de 72,24 ans dans le groupe G1 et de 57,19 ans dans le groupe G2. Une nette prédominance masculine a été retrouvée dans les deux groupes, sans différence statistiquement significative (p=0,3). De même, la consommation tabagique était comparable entre les deux groupes (p=0,7).
Le mode de révélation était dominé par la toux (p=0,9), suivie par les douleurs thoraciques (p=0,4) et l’hémoptysie (p=0,07), sans différence significative entre les deux groupes.
La majorité des patients ont bénéficié d’une fibroscopie bronchique avec biopsie, dans les deux groupes. Les types histologiques étaient également similaires, dominés par l’adénocarcinome (19,2%, 30,2%), le carcinome épidermoïde (17,6%, 14,3%) et le carcinome neuroendocrine à petites cellules (7,1%, 6%), sans une différence significative.
Au moment du diagnostic, les sujets âgés présentaient plus fréquemment un état général altéré, avec un PS de 2–3 dans 22,4% des cas, comparativement aux patients du G2, 18,5%, avec une différence statistiquement significative (p=0,012). Par ailleurs, la majorité des patients du G1 étaient diagnostiqués à un stade métastatique (p=0,04)
Concernant la prise en charge thérapeutique, 37,7% des patients du G1 ont reçu une chimiothérapie de première ligne, contre 47,5% dans le G2 (p=0,05). Enfin, la survie globale était significativement plus faible chez les patients du G1 comparativement à ceux du G2.
Conclusion
Le cancer bronchopulmonaire chez les sujets âgés présente certaines particularités, notamment un état général plus altéré au moment du diagnostic et une survie globale plus faible. Ces résultats soulignent l’importance d’une approche individualisée, tenant compte de l’état fonctionnel et des comorbidités, afin d’optimiser la prise en charge des patients âgés.