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Cancer bronchopulmonaire chez les non-fumeurs au CHU Mohammed VI de Marrakech : caractéristiques clinicopathologiques et moléculaires et association avec l’exposition au tabagisme passif

Nadi H.*1 ; Rachid C.1 ; Ijim M.1 ; Fikri O.1 ; Amro L.1
1Service de Pneumologie, Hôpital ARRAZI, CHU Mohammed IV, Laboratoire LRMS, FMPM,UCA, Marrakech, Maroc

Auteur correspondant : Nadi H. 

Introduction

Le cancer bronchopulmonaire chez le non-fumeur constitue une entité particulière dont l’incidence semble augmenter. Contrairement au cancer associé au tabagisme actif, il présente des caractéristiques épidémiologiques, histologiques et moléculaires spécifiques. Le tabagisme passif, les expositions environnementales et professionnelles ainsi que certaines altérations génétiques pourraient contribuer à sa survenue.

Méthodes

ICette étude rétrospective analyse les caractéristiques des cancers bronchopulmonaires chez les patients non-fumeurs pris en charge à l’Hôpital Arrazi du CHU Mohammed VI de Marrakech entre 2025 et 2026. Elle étudie leurs profils épidémiologique, clinique, anatomopathologique et moléculaire, tout en recherchant le rôle du tabagisme passif et d’autres facteurs environnementaux dans la survenue de ces cancers.

Résultats

L’étude a porté sur 50 patients non-fumeurs atteints d’un cancer bronchopulmonaire, avec un âge moyen de 56 ans et une majorité de femmes (64%). Le tabagisme passif concernait environ la moitié des patients, tandis que la fumée de bois (30%), les expositions professionnelles (20%) et les antécédents familiaux de cancer bronchique (20%) constituaient d’autres facteurs associés. Cliniquement, les symptômes les plus fréquents étaient la toux chronique (52%), la dyspnée (36%), la douleur thoracique (30%) et l’amaigrissement/altération de l’état général (26%). L’imagerie retrouvait principalement des lésions pulmonaires périphériques, avec des adénopathies médiastino-hilaires dans environ 40–45% des cas. Sur le plan histologique, l’adénocarcinome était largement prédominant (78%). Le profilage moléculaire, disponible chez environ 60% des patients, retrouvait principalement des anomalies EGFR (27%), KRAS (13%), ALK (7%), ROS1 (3%) et BRAF (3%). Enfin, beaucoup de patients étaient diagnostiqués à un stade avancé, notamment au stade IV, nécessitant une prise en charge multidisciplinaire. Les anomalies moléculaires actionnables permettaient de proposer des thérapies ciblées adaptées au profil génomique.

Conclusion

Le cancer bronchopulmonaire chez le non-fumeur se caractérise principalement par une prédominance féminine et de l’adénocarcinome. Le tabagisme passif et les expositions environnementales constituent des facteurs de risque importants à rechercher. La fréquence des altérations moléculaires, notamment EGFR, ALK et ROS1, justifie un profilage moléculaire systématique afin d’orienter une prise en charge personnalisée dans notre contexte marocain. .


Nadi H. * ; Rachid C. * ; Ijim M. * ; Fikri O. * ; Amro L. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.