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Quel risque de PjP et quel impact pronostique après documentation d’une colonisation à Pneumocystis jiroveci?

Conrazier A.*1 ; Briant A.2 ; Bonhomme J.3 ; Langlois B.3 ; Bergot E.1,4 ; Rivière F.1
1Service de Pneumologie, CHU Caen-Normandie, Caen, France ; 2Département de Recherche et Innovation, CHU Caen-Normandie, Caen, France ; 3Laboratoire de microbiologie, CHU Caen-Normandie, Caen, France ; 4Université Caen-Normandie, UNICAEN, Caen, France

Auteur correspondant : Rivière F. 

Introduction

Les modalités diagnostiques de la pneumonie à Pneumocystis jiroveci (PjP) ont évolué dans le temps. L’avènement des traitements à haute activité antirétrovirale pour l’infection à VIH et le développement des stratégies immunosuppressives ont radicalement modifié l’épidémiologie de la PjP. Cette nouvelle présentation de PjP a rendu plus difficile le diagnostic imposant d’autres technologies dont la PCR. Sa sensibilité élevée a fait introduire la notion de colonisation. Certains patients immunodéprimés non-VIH avec un tableau respiratoire ont donc une documentation sur des prélèvements respiratoires positive à Pneumocystis jiroveci mais non considéré comme infectés et donc non traités spécifiquement. Nous nous sommes donc posés la question de l’évolution de ces patients notamment de la survenue d’une PjP.

Méthodes

Étude rétrospective monocentrique incluant les patients de plus de 18 ans ayant une PCR Pneumocystis positive sur un prélèvements respiratoire considérée comme colonisation et non traitée sur la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2024. Nous avons également sélectionné, sur la même période, une population témoin de patients ayant eu une PCR Pneumocystis négative sur prélèvements respiratoires.

Résultats

Parmi les 100 patients PCR+ colonisés inclus, seuls 3 ont développé ultérieurement une PjP (26 jours, 56 jours et 23 mois après le prélèvement considéré comme colonisation). Aucune différence de mortalité entre les 2 populations PCR±. En analyse uni et multivariée, la PCR Pneumocystis + n’a pas été retrouvée comme étant associée à la mortalité toute cause. La charge fongique de la colonisation estimée par le Ct de la PCR n’est pas différente entre la population survivante et décédée. Seuls 2 patients recevaient une prophylaxie avant la PCR+ et 17 ont été ajoutés après le résultat de la PCR. La survie était identique entre la population recevant (antérieure ou introduite) ou non une prophylaxie et le niveau de Ct ne semblait pas avoir été un élément orientant la décision (aucune différence entre les 2 groupes).

Conclusion

Peu d’études se sont intéressées au devenir des patients colonisés à Pneumocystis. Notre étude a montré un risque faible (3%) de survenue de PjP après une colonisation documentée. La colonisation ne semble pas être associée à un pronostic global défavorable et l’introduction d’une prophylaxie ne semble pas avoir d’impact. La relative innocuité de la colonisation à Pneumocystis est-elle extrapolable à tous les sous-types d’immunodépression ? Des études selon les sous-groupes à impact pronostique dans la PjP (oncologie, transplantés (organe ou CSH), autres types) pourrait être intéressantes. Une prophylaxie doit-elle être prescrite sur la seule colonisation documentée ? Pas d’evidence-based.


Conrazier A. * ; Briant A. * ; Bonhomme J. * ; Langlois B. * ; Bergot E. * ; Rivière F. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.