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Introduction
Le cancer bronchique demeure majoritairement masculin, mais sa survenue chez la femme présente des particularités épidémiologiques et cliniques. L’objectif de notre étude était de comparer les caractéristiques cliniques, thérapeutiques et évolutives du cancer pulmonaire chez la femme et chez l’homme.
Méthodes
Il s’agit d’une étude rétrospective menée au sein du service de pneumologie du CHU Hédi Chaker de Sfax, unité d’oncologie, portant sur l’analyse des dossiers médicaux des patients pris en charge pour un cancer bronchique durant la période 2004-2026. Les caractéristiques démographiques, les habitudes tabagiques, les données anatomopathologiques, le stade TNM, les modalités thérapeutiques et les données évolutives ont été recueillies. Les variables qualitatives ont été comparées par le test du χ² ou le test exact de Fisher, et les variables quantitatives par le test de Mann-Whitney. Une comparaison selon le sexe a été réalisée.
Résultats
Au total, 1 014 patients ont été inclus, dont 85 femmes (8,4%) et 923 hommes (91,6%). L’âge médian était de 61 ans chez les femmes contre 63 ans chez les hommes (p=0,041). Une différence majeure du profil tabagique était observée entre les deux groupes (p< 0,001) : 74% des femmes étaient non-fumeuses contre seulement 5,7% des hommes, tandis que le tabagisme actif concernait 8% des femmes vs 78,2% des hommes. Les données anatomopathologiques différaient également significativement selon le sexe (p=0,023), avec une fréquence plus élevée d’adénocarcinomes chez les femmes (26,9% vs 21,8% chez les hommes). Le stade IV de la maladie était noté chez 78% des femmes contre 65,0% des hommes, sans différence statistiquement significative (p=0,064). Concernant la prise en charge, les modalités de radiothérapie différaient significativement entre les deux groupes (p=0,002), alors qu’aucune différence significative n’était observée pour la chimiothérapie (p=0,212) ou la chirurgie (p=0,457). Enfin, aucune différence significative n’était retrouvée concernant la progression tumorale (p=0,860) ou le statut évolutif (p=0,790).
Conclusion
Dans cette série tunisienne, le cancer bronchique chez la femme se caractérisait par une fréquence plus élevée de non-tabagique et un profil anatomopathologique différent de celui observé chez l’homme. Malgré une tendance à un diagnostic à un stade plus avancé chez les femmes, aucune différence significative n’était retrouvée concernant la progression ou le statut évolutif. Ces résultats soulignent l’intérêt d’une meilleure identification des facteurs de risque du cancer bronchique chez la femme et d’un diagnostic plus précoce.