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Introduction
Pour limiter les effets indésirables des chimiothérapies leur administration s'accompagne de pré et post-médications visant notamment à prévenir le risque de nausées, vomissement de réactions d'hypersensibilité aigue. Le choix de la prophylaxie antiémétique repose sur le risque émétisant des cytotoxiques, défini comme le risque de vomissement dans les 24 heures en l'absence de prophylaxie, et réparti en quatre catégories : haut (>90%), modéré (30-90%), faible (10%) et minime (< 10%). En 2025, une révision des prémédications administrées dans une unité d'oncologie thoracique a été réalisée. L'impact carbone de ces modifications a ensuite été estimé.
Méthodes
Tous les protocoles de chimiothérapie administrés dans l'unité d'oncologie thoracique, seuls ou en association avec une thérapie ciblée, ont été classés selon leur risque émétisant puis les prémédications ont été optimisées et harmonisées. Les schémas de prémédication ont été définis conformément aux recommandations en vigueur. L'impact carbone de ces modification, mesuré en gramme d'équivalent CO₂ (g CO₂e), a été estimé retrospectivement grâce aux bases de données d'empreinte carbone d'ECOVAMED et LancetMedZero.
Résultats
Douze protocoles de chimiothérapie ont été identifiés. Cinq protocoles présentaient un risque émétisant minime à faible et sept un risque modéré à haut. Les principales modifications effectuées comprenaient une diminution des doses de corticoïdes, une diminution du nombre d'antiémétisants pour les protocoles à faible risque, et le recours privilégié à la voie orale pour les prémédications, à l'exception des corticoïdes lorsqu'ils étaient également utilisés dans l'objectif de réduire les réactions d'hypersensibilité aigue. Ces modifications ont induit une diminution de l'émission de CO₂ par cycle de chimiothérapie. La médiane de cette diminution était de 4 531 g CO₂e [2 115–5 443] dans le groupe modéré à haut risque émétisant, et de 2 694 g CO₂e [2 460–5 415] dans le groupe minime à faible risque émétisant. Pour les douze protocoles, la médiane de diminution des émissions de CO₂ en lien avec les dispositifs médicaux liés à l’accès veineux était 890 g CO₂e [631-1262] et de 3238 g CO₂e [1316-4227] pour les médicaments.
Conclusion
L’harmonisation des prémédications selon les recommandations en vigueur, ainsi que l’utilisation privilégiée de la voie orale permettent une réduction significative des émissions de CO2. Intégrer des considérations environnementales dans la rédaction des protocoles de soins en oncologie pourrait contribuer à une prise en charge plus sobre en émissions de gaz à effet de serre.