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Introduction
L’impact du délai entre l’éligibilité d’un patient à un biologique et l’initiation de la biothérapie est peu documenté. Cette analyse vise à décrire les caractéristiques et la consommation de soins des patients initiant précocement ou tardivement le benralizumab après leur éligibilité à une biothérapie.
Méthodes
BENEFIT est une étude rétrospective conduite à partir du Système National des Données de Santé (SNDS). Les adultes ayant initié le benralizumab entre 2019 et 2023 ont été inclus. La date d’éligibilité à un biologique a été évaluée chez les patients n’ayant pas reçu de biologique au préalable et correspondait à la 2ème délivrance de corticoïdes oraux (CSO) dans une période de 12 mois combinant une dose élevée de corticoïdes inhalés (CSI>1000 µg/j équivalent béclométasone) et≥2 délivrances de CSO. Les patients initiant le benralizumab moins d’un an après la date d’éligibilité étaient considérés comme initiateurs précoces, et ceux l’initiant au moins trois ans après comme initiateurs tardifs. Les caractéristiques des patients à l’initiation ainsi que les taux de rémission (0 délivrance de CSO, dose de CSI≤1 000 µg/jour, délivrance≤3 boîtes de bêta-2 agonistes de courte durée d'action ou de CSI-formotérol, et 0 hospitalisation liée à l’asthme) et les exacerbations sévères dans l’année suivant l’initiation de benralizumab ont été comparés entre les 2 groupes.
Résultats
Parmi les 3 385 patients n’ayant pas reçu de biothérapie au préalable et exposés au benralizumab pendant au moins 1 an, 1 586 (46,9%) étaient des initiateurs précoces et 1 223 (36,1%) des initiateurs tardifs. Les initiateurs précoces avaient moins d'antécédents d’hospitalisation pour asthme comparé aux initiateurs tardifs (24,4% vs 31,4% ; p< 0,0001) et une exposition aux CSI (694,6±464,4 vs 1 441,3±852,2 µg/j ; p< 0,0001) plus faible dans l’année précédant l’initiation de benralizumab. Dans l’année suivant l’initiation de benralizumab, une proportion plus élevée d’initiateurs précoces atteignaient la rémission comparée aux initiateurs tardifs (36,4% vs 22,1% ; p< 0,0001) et dans un délai plus court (83± 108 vs 111± 119 jours ; p< 0,0001). Les initiateurs précoces présentaient également moins d’exacerbations sévères (2,7±3,4 vs 4,0±4,1 ; p< 0,0001) et une moindre consommation de CSO (5,3 vs 8,6 boîtes/an ; p< 0,0001).
Conclusion
Dans cette cohorte nationale en vie réelle, une initiation précoce du benralizumab après éligibilité à un biologique était associée à une réduction plus importante des exacerbations sévères dans l’année suivant l’initiation, une moindre exposition aux corticostéroïdes, une probabilité accrue de rémission et un délai plus court jusqu'à la rémission, comparé à une initiation tardive.