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Introduction
Le cancer bronchopulmonaire primitif (CBP) demeure la première cause de mortalité par cancer dans le monde et son diagnostic souvent tardif conditionne un pronostic réservé. Nous rapportons la première série universitaire de CBP de la région Souss-Massa (sud du Maroc), afin d'en décrire le profil épidémiologique, clinique, histologique, thérapeutique et évolutif.
Méthodes
Étude rétrospective descriptive menée sur 39 mois, du 1er janvier 2023 au 31 mars 2026, au service de pneumologie du CHU Mohammed VI d'Agadir, portant sur les patients âgés de 18 ans ou plus pris en charge pour un CBP. Les données ont été recueillies à l'aide d'une fiche d'exploitation préétablie et analysées de façon descriptive.
Résultats
La série comportait 190 patients. L'âge moyen était de 62,7±9,15 ans, avec une prédominance masculine (162 hommes / 28 femmes ; sex-ratio 5,79). Un tabagisme actif ou sevré concernait 175 patients (92,1%), avec une consommation moyenne de 30,7±11,8 paquets-années ; une consommation de cannabis y était associée chez 50 patients (26,3%). Les signes respiratoires dominaient les circonstances de découverte (102 cas ; 53,7%), la douleur thoracique étant le symptôme révélateur le plus fréquent (22,1%). Ces symptômes, peu spécifiques et souvent banalisés, contribuaient au retard de consultation : 81,6% des patients consultaient au-delà de 3 mois d'évolution. La bronchoscopie souple était le principal moyen diagnostique (143 cas ; 75,3%). Les carcinomes non à petites cellules (CPNPC) représentaient 83,2% des cas (158/190), avec une prédominance de l'adénocarcinome (52,5%) et du carcinome épidermoïde (42,4%) ; les carcinomes à petites cellules représentaient 16,8% (32/190). Au diagnostic, 86,1% des CPNPC étaient métastatiques (136/158). Une analyse de biologie moléculaire n'a été réalisée que chez 23 patients (12,1%). La prise en charge des CPNPC reposait sur la chimiothérapie (59,5%) et la radiothérapie (45,6%) ; la chirurgie (7,6%), l'immunothérapie (5,1%) et les thérapies ciblées (1,3%) restaient marginales. La mortalité précoce était notable : 29 patients (15,3%) sont décédés avant la première réévaluation.
Conclusion
Dans cette première série régionale, le CBP touche un homme tabagique, diagnostiqué à un stade métastatique dans plus de 8 cas sur 10, avec un faible recours au test moléculaire et un accès encore limité aux thérapies ciblées et à l'immunothérapie ; la fréquence de la consommation de cannabis constitue une particularité locale. Le caractère rétrospectif, monocentrique et l'absence de données de survie en sont les principales limites. Ces résultats plaident pour un renforcement de la lutte antitabac, un diagnostic plus précoce et un élargissement de l'accès à la médecine personnalisée.