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Introduction
Les exacerbations fréquentes de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) sont associées à une morbi-mortalité accrue et à un recours important aux soins. L’identification des patients à risque est essentielle pour optimiser les stratégies de prévention. L’objectif de cette étude était de caractériser le profil clinique des patients atteints de BPCO hospitalisés pour exacerbation et d’identifier les principaux facteurs associés à un profil d’exacerbations fréquentes.
Méthodes
Nous avons réalisé une étude rétrospective monocentrique incluant 142 patients atteints de BPCO hospitalisés pour exacerbation aiguë dans un service de pneumologie du CHU de Constantine en Algérie sur une période de deux ans. Les caractéristiques démographiques, tabagiques, cliniques, fonctionnelles, biologiques, les comorbidités, le traitement de fond et l’observance thérapeutique ont été recueillis. Le nombre annuel d’exacerbations et leurs principales caractéristiques ont été analysés.
Résultats
L’âge moyen était de 71 ans et 90% des patients étaient des hommes. Une exposition tabagique était retrouvée chez 95% des patients et une exposition professionnelle chez 21%. La BPCO était sévère chez la majorité des patients, avec 86% classés GOLD III–IV et 80% présentant une dyspnée mMRC 3–4. Le nombre moyen d’exacerbations était de 2,5 par patient et par an, principalement dans un contexte infectieux. Une ou plusieurs comorbidités étaient présentes chez 65% des patients, dominées par les comorbidités cardiovasculaires (56,5%), tandis qu’un diabète de type 2 était retrouvé chez 26%. La CRP moyenne était de 68 mg/L. Une mauvaise observance thérapeutique était retrouvée chez 21,7% des patients et plus d’un tiers recevaient un traitement de fond jugé sous-optimal.
Conclusion
Dans cette cohorte de patients atteints de BPCO hospitalisés pour exacerbation, le profil exacerbateur était caractérisé par une sévérité respiratoire importante, une forte charge symptomatique et une fréquence élevée de comorbidités, notamment cardiovasculaires. La mauvaise observance et l’optimisation insuffisante du traitement de fond constituent des facteurs potentiellement modifiables. Une prise en charge multidimensionnelle, intégrant l’optimisation thérapeutique et l’éducation à l’observance, pourrait contribuer à réduire le risque de nouvelles exacerbations et d’hospitalisations.