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Introduction
La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et l’asthme, pathologies pulmonaires fréquentes grevées d’une morbi-mortalité importante, restent sous diagnostiquée en raison de l’accès limité à la spirométrie (1). L’objectif est d’étudier la prévalence des troubles ventilatoires obstructifs (TVO) en population générale, durant une action de prévention « Mai Poumon », puis l’impact du dépistage sur l’entrée dans un parcours de soins.
Méthodes
Au cours d’une journée de dépistage en population générale organisée le 9 mai 2026 à Anglet, les participants ont complété un questionnaire concernant leur statut tabagique, la présence de symptômes respiratoires (toux, dyspnée, sifflement), la prise d’un traitement au long cours, l’existence d’un suivi pneumologique et étaient invités à réaliser une spirométrie. Un TVO était défini par un rapport volume expiré maximal en 1 seconde (VEMS)/capacité vitale forcée (CVF) inférieur à 0,7. Un Preserved Ratio Impaired Spirometry (PRISm) était défini par l’absence de TVO mais un VEMS < 80%. En présence de symptômes et/ou de TVO, une consultation auprès d’un médecin généraliste était fortement recommandée. À 3 mois, les sujets présentant un TVO ont été recontactés afin d’évaluer le recours à une consultation médicale.
Résultats
Au total, 219 spirométries ont été réalisées. Les participants étaient majoritairement des femmes (62,5%), d’âge moyen de 58 ans, ex fumeurs ou actifs (43%). Parmi eux, 14,3% déclaraient un antécédent d’asthme, 17,1% une allergie, et 11,1% une bronchite. Seuls 9,8% avaient un traitement à visée respiratoire et 68,3% n’avaient aucun suivi. La prévalence de TVO diagnostiqués au cours de cette journée était de 13,2%. Les sujets présentant un TVO étaient significativement plus âgés (66 ans vs 57ans, p=0,01) mais il n’existait pas de différence en terme de sexe, statut tabagique, tabagisme en paquets-année ni de symptômes respiratoires. Parmi les TVO, 13 (44,8%) étaient déjà connus mais 16 (55,1%) étaient nouvellement diagnostiqués. Les sujets nouvellement diagnostiqués avaient une fonction respiratoire plus préservée (VEMS 2,5L vs 1,8L, p=0,05) et moins de symptômes que les sujets déjà diagnostiqués. Enfin, 11 patients entraient dans la définition du PRISm et présentaient, pour seule différence significative avec ceux ayant un TVO, un indice de masse corporelle plus élevé (27,3 kg/m² vs 23,3 kg/m², p=0,03). À 3 mois, 21 des 29 sujets présentant un TVO ont répondu au suivi.
Ces résultats soulignent le sous-diagnostic des TVO en population générale, ainsi que leur prévalence élevée, qui demeure importante au fil du temps, atteignant 16,6% en 2024 et 13,2% en 2025, dans des conditions de dépistage identiques (420 spirométries, données Mai Poumon non publiées). Cette prévalence est proche de celle retrouvée dans d’autres cohortes, à Lille (16%) et à Dunkerque (13,7%) (2).
Conclusion
Ces résultats démontrent l’importance du dépistage et de la sensibilisation du grand public aux symptômes évocateurs de TVO, afin d’en réduire le sous-diagnostic.
Références
[1] NPJ Prim Care Respir Med. 2023 Sep 30 ; 33(1):33.
[2] Respir Med. 2015 ; 109 : 1553‑61