·
Introduction
La BPCO est une maladie hétérogène dont l’endotype éosinophilique constitue un déterminant important du risque d’exacerbations et de la réponse aux corticoïdes inhalés. Les caractéristiques scanographiques susceptibles d’identifier cet endotype restent insuffisamment caractérisées. Nous avons recherché une signature radiologique de l’éosinophilie sanguine chez des patients hospitalisés pour BPCO.
Méthodes
Étude rétrospective monocentrique incluant 104 patients hospitalisés pour BPCO confirmée par spirométrie de 2020 à 2026. L’endotype éosinophilique était défini par une éosinophilie sanguine≥300 cellules/µL. La TDM thoracique était analysée selon cinq profils : bronchique (bronchectasies et/ou épaississement bronchique), emphysémateux, séquellaire (fibrose, syndrome interstitiel et/ou séquelles de tuberculose), mixte (association d’au moins deux profils) et non classifiable. Les anomalies scanographiques individuelles étaient également étudiées. Les associations étaient évaluées par test exact de Fisher
Résultats
Parmi 104 patients inclus, 95 disposaient d’un dosage des éosinophiles ; 20 (21,1%) présentaient une éosinophilie≥300 cellules/µL. Le profil bronchique exclusif était nettement plus fréquent chez les patients éosinophiliques que chez les non-éosinophiliques (55,0% vs 4,0% ; OR 29,3 ; IC95% 6,9–125,4 ; p< 0,001). L’analyse des anomalies individuelles confirmait cette association, avec une fréquence accrue des bronchectasies (80,0% vs 17,3% ; OR 19,1 ; p< 0,001) et de l’épaississement bronchique (60,0% vs 10,7% ; OR 12,6 ; p< 0,001). Le profil emphysémateux était retrouvé chez 20,0% vs 36,0% (p=0,28), tandis que le profil mixte était comparable (25,0% vs 24,0% ; p=1,00). La distribution globale des profils scanographiques différait significativement selon le statut éosinophilique (χ²=36,3 ; p< 0,001).
Conclusion
L’endotype éosinophilique de la BPCO était fortement associé à un profil scanographique bronchique, dominé par les bronchectasies et l’épaississement bronchique. Cette association suggère que l’inflammation de type 2 pourrait s’exprimer par un remodelage bronchique identifiable en TDM, faisant du phénotype bronchique une possible signature morphologique de l’endotype éosinophilique. Ces résultats suggèrent ainsi un potentiel intérêt de l’imagerie thoracique dans le phénotypage inflammatoire de la BPCO.