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Introduction
L’anémie est fréquemment observée chez les patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et pourrait contribuer à aggraver la tolérance à l’effort et l’hypoxémie, notamment au cours des exacerbations aiguës. Son impact sur la sévérité et le pronostic des exacerbations aiguës de BPCO (EABPCO) reste cependant insuffisamment caractérisé.
L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact de l’anémie sur la sévérité et le pronostic des patients hospitalisés pour EABPCO.
Méthodes
Il s’agit d’une étude rétrospective portant sur les patients hospitalisés pour exacerbation aiguë de bronchopneumopathie chronique obstructive (EABPCO) au service de pneumologie de l’hôpital La Rabta, de Janvier 2024 à Juin 2026.
L’anémie est définie par une concentration d’hémoglobine < 12 g/dL chez la femme et < 13 g/dL chez l’homme.
Deux groupes de patients ont été comparés :
- Groupe 1 (G1): 51 patients anémique
- Groupe 0 (G0): 99 patients non anémiques
Résultats
Au total, 150 patients ont été inclus. L’âge moyen était comparable dans les deux groupes (66 ans dans G1 et G0, p=0,854). Le sexe masculin était prédominant dans les deux groupes, (genre-ratio H/F=11,75 pour G1 vs 5,6 pour G0 ; p=0,02). Les infections bactériennes sont plus fréquemment observées comme facteurs déclenchants des exacerbations de BPCO dans le G1 que dans le G0. (56,9% pour G1 vs 35,4% pour G0 ; p=0,013). À la gazométrie, une hypoxémie était plus fréquemment retrouvés dans le G1 (76% pour G1 vs 39% pour G0 ; p=0,002). La pression partielle artérielle en oxygène était plus basse dans le G1 (49,17±13,09 pour G1 vs 56,68±14,04 mmHg pour G0 ; p=0,06). Les besoins en oxygène étaient significativement plus élevés dans G1 que dans G0 (4,0±2,3 pour G1 vs 2,8±3,07 L/min pour G0 ; p=0,02). Le recours à la ventilation non invasive étaient comparables entre les 2 groupes (47,1% pour G1 vs 48,5% pour G0 ; p=0,9) La durée moyenne d’hospitalisation était significativement plus longue dans G1 (10,7±4,7jours pour G1 vs 9,04±4,45 jours pour G0 ; p=0,034). Une hospitalisation en réanimation était plus fréquentes dans le G1 (41,2% % pour G1 vs 30,3% pour G0 ; p=0,197).
Conclusion
Dans notre population, l’anémie était associée à des besoins en oxygène plus importants, à une durée d’hospitalisation plus prolongée et à une plus grande fréquence d’étiologies infectieuses des EABPCO. Ces résultats suggèrent que l’anémie pourrait constituer un marqueur de sévérité chez les patients hospitalisés pour EABPCO.