·

BPCO chez la femme : particularités épidémiologiques et cliniques

Maaroufi M.*1 ; Laklaai Z.1 ; Jalloul W.1 ; Harraz H.1 ; Chaanoun K.1 ; Benjelloun H.1 ; Zaghba N.1
1Service des Maladies Respiratoires, CHU Ibn Rochd, Casablanca, Maroc

Auteur correspondant : Maaroufi M. 

Introduction

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) chez la femme présente des particularités épidémiologiques et cliniques, notamment en lien avec des expositions non tabagiques. L’objectif de ce travail était de décrire les caractéristiques épidémiologiques, cliniques et fonctionnelles de la BPCO chez la femme et de les comparer à celles observées chez l’homme.

Méthodes

Nous avons mené une étude rétrospective comparative portant sur des patients atteints de BPCO, dont le diagnostic était confirmé par spirométrie, suivis à la consultation du service des maladies respiratoires du CHU Ibn Rochd de Casablanca entre janvier et juin 2026. Deux groupes ont été constitués : 20 femmes et 20 hommes atteints de BPCO.

Résultats

Quarante patients ont été inclus. L’âge moyen était de 58 ans chez les femmes et de 56 ans chez les hommes. Chez les femmes, l’exposition à la fumée de bois était retrouvée dans 90% des cas, contre aucun cas chez les hommes (p < 0,001). Le tabagisme actif ne concernait que 10% des femmes, contre 100% des hommes (p < 0,001), avec une consommation moyenne de 16 paquets-années chez les femmes fumeuses contre 35 paquets-années chez les hommes. La dyspnée était fréquente dans les deux groupes, retrouvée chez 90% des femmes et 100% des hommes (p=0,487). La toux chronique était rapportée chez 40% des femmes et 55% des hommes (p=0,527). Chez les femmes, la répartition selon la sévérité de l’obstruction bronchique était de 30% au grade GOLD 1, 35% au grade GOLD 2, 25% au grade GOLD 3 et 10% au grade GOLD 4. Chez les hommes, ces proportions étaient respectivement de 10%, 30%, 40% et 20%, sans différence statistiquement significative entre les deux groupes (p=0,329).

Conclusion

Dans notre série, la BPCO chez la femme présentait un profil épidémiologique particulier, dominé par l’exposition à la fumée de bois et caractérisé par une faible fréquence du tabagisme actif. L’obstruction bronchique tendait à être moins sévère chez les femmes que chez les hommes, sans différence statistiquement significative. Ces résultats soulignent l’importance de rechercher systématiquement les expositions domestiques chez les femmes atteintes de BPCO, y compris en l’absence de tabagisme significatif.


Maaroufi M. * ; Laklaai Z. * ; Jalloul W. * ; Harraz H. * ; Chaanoun K. * ; Benjelloun H. * ; Zaghba N. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.