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Introduction
Les exacerbations constituent un événement pronostic majeur dans l'asthme sévère. La dernière décennie a été marquée par la diffusion des biothérapies ciblées, susceptibles de modifier la fréquence de ces événements. Les études FASE-CPHG[1] (2016-2017, n=1465) et FASE2-CPHG[2](2022-2023, n=1003) permettent, chez les patients suivis dans les deux volets, une analyse longitudinale intra-individuelle de l'évolution du nombre d'exacerbations sur cet intervalle.
Méthodes
Étude observationnelle rétrospective, multicentrique, incluant les 147 patients ayant participé aux deux volets (intervalle de suivi de 5 à 7 ans). Le critère de jugement principal est l'évolution du nombre annuel d'exacerbations (score composite : corticothérapie générale/majoration des corticostéroïdes inhalés (CSI), hospitalisations, passages aux urgences sans hospitalisation) entre FASE-CPHG et FASE2-CPHG. Les objectifs secondaires sont la recherche des facteurs cliniques et thérapeutiques associés à cette évolution, et la description de l'évolution des caractéristiques des patients.
Résultats
Le nombre annuel d'exacerbations diminue significativement entre FASE-CPHG et FASE2-CPHG, que ce soit pour les exacerbations ayant nécessité une corticothérapie générale ou une majoration des CSI (moyenne 2,6 vs 1,1 ; p < 0,0001), les hospitalisations pour asthme (moyenne 0,3 vs 0,1 ; p=0,003), ou les passages aux urgences sans hospitalisation (moyenne 0,5 vs 0,2 ; p=0,001). Cette période est marquée par une évolution profonde du profil thérapeutique : la proportion de patients sous biothérapie depuis au moins 6 mois passe de 33,3% à 73,5% (p < 0,0001). Ce recours croissant aux biothérapies ne s'accompagne toutefois pas d'une épargne cortisonique significative : chez les patients restant sous corticothérapie orale au long cours (15% vs 12,3%, p=0,37), la dose quotidienne moyenne augmente (10,4 vs 13,5 mg ; p=0,05). Les analyses portant sur le score composite global d'exacerbations et sur les facteurs cliniques et thérapeutiques associés à sa variation sont en cours de finalisation.
Conclusion
Cette cohorte offre l'une des rares occasions d'analyser en vie réelle l'évolution intra-individuelle de patients présentant un asthme sévère sur 5 à 7 ans, période marquée par la diffusion des biothérapies. Ces premiers résultats suggèrent une diminution nette de la fréquence des exacerbations, concomitante d'un recours croissant aux biothérapies, sans épargne cortisonique nette, dont les déterminants cliniques et thérapeutiques restent à préciser.
Références
[1] ERJ Open Res. 2019 ; 5(4):00069-2019.
[2] Rev Mal Respir Actual. 2024 ; 16(1):12-3.