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Introduction
Le taux d’éosinophiles sanguins (TES) est de plus en plus utilisé pour caractériser les phénotypes inflammatoires dans la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Cependant, son évolution au cours d’un épisode d’exacerbation reste encore mal définie. L’objectif de cette étude était de décrire les variations longitudinales du TES avant, pendant et après une exacerbation aiguë de BPCO (EABPCO) nécessitant une hospitalisation.
Méthodes
Nous avons mené une étude longitudinale rétrospective monocentrique à l’Hôpital Universitaire Hôtel-Dieu de France, au Liban, incluant les patients hospitalisés pour une EABPCO entre 2018 et 2025. Les exacerbations récurrentes ont été incluses. Le TES a été évalué à l’état stable avant l’hospitalisation, à l’admission, lors de la mesure post-exacerbation la plus proche réalisée dans le mois suivant la sortie, puis lors de la mesure à l’état stable post-exacerbation la plus proche réalisée au-delà d’un mois après la sortie. Les variations temporelles ont été analysées à l’aide d’un modèle linéaire à effets mixtes appliqué au TES après transformation logarithmique, en tenant compte des exacerbations répétées chez un même patient.
Résultats
Au total, 208 exacerbations survenues chez 129 patients ont été incluses. L’âge moyen était de 74,3±9,5 ans ; 94,6% des patients avaient des antécédents de tabagisme et la majorité présentait une hypertension artérielle (82,9%). Le TES moyen était de 427,3 cellules/mm³ avant l’exacerbation, de 357,1 cellules/µL à l’admission, de 261,6 cellules/µL lors de la première mesure post-exacerbation et de 367,3 cellules/µL lors de la seconde mesure post-exacerbation ; les 25e–75e percentiles correspondants étaient respectivement de 110,0–310,0, 56,1–240,0, 60,8–273,6 et 59,8–235,2 cellules/µL. Le TES variait significativement au cours du temps (p global=0,036). Le TES pré-exacerbation était significativement plus élevé que celui mesuré à l’admission (p=0,021) ainsi que ceux mesurés lors des deux évaluations post-exacerbation (p=0,046 et p=0,006, respectivement), en faveur d’une diminution temporelle du TES pendant et après l’exacerbation.
Conclusion
Le TES présente une variation temporelle significative au cours des épisodes d’EABPCO nécessitant une hospitalisation, avec des valeurs plus élevées avant l’admission, suivies de valeurs plus faibles pendant l’hospitalisation et après la sortie. Ces résultats suggèrent qu’une mesure unique des éosinophiles pourrait ne pas refléter adéquatement le profil éosinophilique de la BPCO autour d’un épisode d’exacerbation et plaident en faveur d’une interprétation du TES comme un biomarqueur dépendant du temps plutôt que comme un marqueur statique