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Introduction
La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est classiquement associée au tabagisme, mais peut également survenir chez des sujets n’ayant jamais fumé. L’exposition à la biomasse, aux polluants environnementaux ou professionnels, ainsi que le tabagisme passif, pourraient contribuer à sa survenue. Les données concernant le phénotype de la BPCO du non-fumeur restent limitées, notamment en Afrique du Nord. L’objectif de cette étude était de comparer les caractéristiques cliniques, fonctionnelles, radiologiques et biologiques de patients atteints de BPCO selon leur statut tabagique.
Méthodes
Étude rétrospective comparative menée au service de Pneumologie-Phtisiologie et Allergologie du CHU Béni Messous, incluant les patients adultes atteints de BPCO confirmée par spirométrie, hospitalisés entre janvier 2020 et août 2026. Les patients ont été répartis en deux groupes selon leur statut tabagique : non-fumeurs et fumeurs/ex-fumeurs. Les données démographiques, les principales expositions non tabagiques (biomasse, tabagisme passif et exposition professionnelle), les caractéristiques cliniques (dyspnée selon l’échelle mMRC et fréquence des exacerbations) ainsi que les caractéristiques scanographiques (emphysème, bronchectasies, épaississement bronchique et bouchons muqueux) ont été recueillies et comparées entre les deux groupes.
Résultats
Parmi les 104 patients inclus, 23 (22,1%) étaient non-fumeurs. Comparativement aux fumeurs/ex-fumeurs, les non-fumeurs étaient significativement plus souvent des femmes (60,9% vs 6,2% ; p < 0,0001), sans différence significative concernant l’âge moyen (73,7±2,4 ans vs 72,6±1,6 ans ; p=0,7). Ils étaient plus fréquemment exposés à la biomasse (60,9% vs 6,2% ; p < 0,0001). Le tabagisme passif était retrouvé chez 39,1% des non-fumeurs vs 33,3% des fumeurs/ex-fumeurs (p=0,6), tandis qu’une exposition professionnelle était rapportée chez 30,4% vs 13,6%, respectivement (p=0,11). Sur le plan clinique, la distribution de la dyspnée selon l’échelle mMRC ne différait pas significativement entre les deux groupes, avec un mMRC 2 chez 34,8% des non-fumeurs contre un mMRC 3 chez 43,6% des fumeurs/ex-fumeurs (p=0,88). Les non-fumeurs semblaient présenter moins fréquemment des exacerbations fréquentes (≥2/an) : 34,8% vs 48,2%, sans différence significative (p=0,7). En revanche, la proportion d’exacerbations modérées à sévères était comparable entre les groupes (82,6% vs 82,8%). La TDM thoracique retrouvait significativement moins d’emphysème chez les non-fumeurs (8,7% vs 55,0% ; p < 0,0001), tandis que les bronchectasies étaient plus fréquentes (47,8% vs 23,8% ; p=0,25). L’épaississement bronchique était retrouvé chez 30,4% des non-fumeurs vs 17,5% des fumeurs/ex-fumeurs (p=0,2). La présence de bouchons muqueux était significativement plus fréquente chez les non-fumeurs (39,1% vs 1,3% ; p < 0,0001).
Conclusion
La BPCO du non-fumeur représente une entité non négligeable, caractérisée dans notre série par une prédominance féminine et une forte exposition à la biomasse. Son profil radiologique se distingue par une moindre prévalence de l’emphysème et une fréquence accrue des bronchectasies et des bouchons muqueux. Ces particularités suggèrent un phénotype différent de celui observé chez les fumeurs, justifiant une meilleure caractérisation clinique et radiologique de la BPCO du non-fumeur.