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L’éosinophilie sanguine : facteur prédictif majeur et élément d'orientation thérapeutique chez les exacerbateurs fréquents de BPCO

Miftah K.*1 ; Laklaai Z.*2 ; Jalloul W.*3 ; Harraz H.*4 ; Chaanoun K.*5 ; Benjelloun H.*6 ; Zaghba N.*7
1Service des Maladies Respiratoires, CHU Ibn Rochd, Casablanca, Maroc

Auteur correspondant : Miftah K. 

Introduction

La BPCO est responsable d’une morbi mortalité importante à travers le monde. À mesure que la recherche progresse, de nouveaux phénotypes de patients émergent, permettant d’espérer une prise en charge de plus en plus personnalisée. Une proportion non négligeable de patients présente une éosinophilie sanguine, qui peut refléter une inflammation bronchique de type éosinophilique.

L’objectif de notre étude est d’étudier la relation entre l’hyperéosinophilie sanguine et la sévérité des exacerbations de la BPCO, ainsi leur intérêt majeur dans la prise en charge thérapeutique.

Méthodes

Nous avons mené une étude rétrospective portant sur 90 patients hospitalisés au service des maladies respiratoires du CHU Ibn Rochd de Casablanca, étalée sur une période de 1 an allant de juin 2025 au juin 2026

Nous avions inclus les patients qui avaient bénéficié d’au moins une NFS à l’état stable et à distance d’une corticothérapie systémique. On a individualisé 2 groupes :

– G1 : des patients avec une hyperéosinophilie significative (le seuil choisi était un taux d’éosinophiles dans le sang≥300 éléments/mm3) ;

– G2 : des patients avec un taux d’éosinophiles dans le sang < 300 éléments/mm3.

Résultats

Il s’agissait de 86 hommes et 4 femmes, l’âge moyen était 58 ans. Trente-deux patients présentaient une hyperéosinophilie sanguine significative avec un taux moyen de 686 /mm3. Ce groupe de patients (G1) avait plus de symptomatologie quotidienne principalement la bronchite chronique (64,2% vs 25,4% ; p=0,01), plus de dyspnée (65,6% vs 29,2% ; p=0,014), et plus de corti codépendance (26,3% vs 2,8% : p=0,015).

Le nombre moyen d’exacerbations nécessitant l’hospitalisation par an était significativement plus élevé dans le G1 à raison de 3 exacerbations/an que le G2 à l’ordre d’une exacerbation/an. On n’a pas trouvé une différence significative pour la sévérité des exacerbations dans les deux groupes.

Sur le plan thérapeutique, 89% des patients du G1 ont été mis sous trithérapie incluant une corticothérapie inhalée, vs une mono ou bithérapie chez les patients du G2.

Conclusion

Il est désormais clair que les patients porteurs de BPCO, présentant une éosinophilie importante ont une fonction respiratoire plus altérée et présentent des exacerbations plus fréquentes. Ceci témoigne de l'hétérogénéité de la maladie

D'autres études sont nécessaires pour une meilleure appréciation de ce biomarqueur de phénotypage des patients BPCO.


Miftah K. * ; Laklaai Z. * ; Jalloul W. * ; Harraz H. * ; Chaanoun K. * ; Benjelloun H. * ; Zaghba N. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.