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Introduction
L'éosinophilie sanguine (seuil usuel≥300/mm³) est de plus en plus reconnue comme un biomarqueur du phénotype « éosinophilique » de la BPCO, orientant notamment l'indication des corticostéroïdes inhalés (CSI) et potentiellement associé à un profil d'exacerbations différent de celui du phénotype non éosinophilique.
L’objectif de cette étude était d’évaluer l’association de l'hyperéosinophilie sanguine avec le profil des exacerbations de BPCO (fréquence et sévérité).
Méthodes
Il s’agissait d’une étude rétrospective portant sur des patients BPCO ayant eu au moins une exacerbation au cours de leur suivi au service de pneumologie de l’hôpital Charles Nicolle de Tunis sur une période de 6ans allant de 2020 à 2026. Le phénotype éosinophilique a été défini par un taux d'éosinophiles sanguins≥300/mm³ à l’état stable. La population a été divisée en 2 groupes : G1 (PNE≥300 /mm³) et G2 (PNE< 300/mm³). La fréquence et la sévérité de l’exacerbation a été comparée entre les 2 groupes.
Résultats
Au total, 177 patients ont été inclus. L'âge moyen était de 66,3±10,14 ans. Une nette prédominance masculine a été notée (87%). La majorité des patients était tabagique (93,8%). La comorbidité la plus fréquente était l’HTA (25,6%). Une hyperéosinophilie sanguine (≥300/mm³) était présente chez 86,2% des patients. Il n'existait pas de différence significative concernant l'âge (67,7±10,4 vs 65,9±9,6 ans, p=0,54), le sexe (p=0,10) et le stade GOLD (p=0,20). Les patients du groupe 1 avaient un taux d'éosinophiles significativement plus élevé lors des exacerbations (317,5 vs 70,7/mm³, p=0,001), une tendance à des exacerbations plus fréquentes (2,0 vs 1,25 par an, p=0,04) et plus sévères (p=0,02). De même, le groupe 1 présentait un taux d'hospitalisation plus important (35,2% vs 22%, p=0,003) et une durée d'hospitalisation plus prolongée (9,5 vs 6 jours, p=0,01).
Conclusion
Dans notre série, le phénotype éosinophilique était associé à des exacerbations de BPCO plus fréquentes et plus sévères, avec un recours accru à l’hospitalisation. Ces résultats suggèrent que l’éosinophilie sanguine pourrait constituer un biomarqueur d’un profil exacerbateur plus sévère chez les patients BPCO.