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Éosinophilie sanguine et phénotype exacerbateur fréquent chez les patients atteints de BPCO

Assassi S.*1,2 ; Aitoukaci S.1,2 ; Oussedik F.1,2 ; Khelafi R.1,2
1Service de Pneumologie B, CHU beni messous Alger Algérie ; 2Université des Science de la Santé Youcef El Khatib Alger Algérie

Auteur correspondant : ASSASSI S 

Introduction

Les exacerbations de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) contribuent au déclin fonctionnel, aux hospitalisations fréquentes et à la mortalité. L’éosinophilie sanguine permet d’identifier un phénotype inflammatoire susceptible d’influencer le risque d’exacerbation et la réponse aux corticostéroïdes. L’objectif était de comparer la fréquence de l’éosinophilie sanguine entre les patients exacerbateurs fréquents et peu fréquents de BPCO.

Méthodes

Étude rétrospective comparative monocentrique incluant 184 patients âgés de 40 ans ou plus, atteints de BPCO et hospitalisés pour exacerbation entre janvier 2023 et mai 2026. Les patients ont été répartis en deux groupes selon le nombre d’exacerbations au cours des 12 mois précédents :exacerbateurs fréquents (EF,≥2 exacerbations/an) et exacerbateurs peu fréquents (EPF, < 2exacerbations/an). L’éosinophilie sanguine était définie par un taux≥200 cellules/µL. Les caractéristiques démographiques, la dyspnée et les données spirométriques ont également été recueillies.

Résultats

Au total, 184 patients ont été inclus : 82 EF (44,6%) et 102 EPF (55,4%). L’âge moyen était comparable entre les groupes (73 vs 74 ans), avec une prédominance masculine (72% vs 70%). Une éosinophilie sanguine≥200 cellules/µL était observée chez 38 EF (46,3%) contre 16 EPF (15,7% ; p< 0,001), soit une fréquence près de trois fois plus élevée chez les EF. Ces derniers présentaient également plus fréquemment une dyspnée mMRC≥III (68,3% vs 42,2% ; p< 0,001) et un VEMS< 50% de la valeur prédite (41,5% vs 12,7% ; p< 0,001).

Conclusion

Dans cette cohorte hospitalière de patients atteints de BPCO, l’éosinophilie sanguine≥200 cellules/µL était nettement plus fréquente chez les exacerbateurs fréquents. Ce biomarqueur simple et accessible pourrait contribuer au phénotypage des patients à forte charge d’exacerbations. Une analyse multivariée serait nécessaire pour déterminer sa valeur prédictive indépendante.

Références

[1]Vedel-Krogh S, Nielsen SF, Lange P, Vestbo J, Nordestgaard BG. Blood eosinophils and exacerbations in chronic obstructive pulmonary disease. The Copenhagen General Population Study. Am J Respir Crit Care Med. 2016 ; 193(9):965-974. doi : 10,1164/rccm. 201509-1869OC.

[2] Yun JH, Lamb A, Chase R, et al. Blood eosinophil thresholds and exacerbations in chronic obstructive pulmonary disease. J Allergy Clin Immunol. 2018 ; 141(6):2037-2047. e10. doi : 10,1016/j. jaci. 2018,04,010.


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