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Introduction
La BPCO est l'une des affections respiratoires chroniques les plus fréquentes, bien que sous-diagnostiquée, touchant environ 7,5% des adultes de plus de 45 ans dans le monde. En France, les récentes mises à jour des recommandations cliniques (décembre 2023) ont élargi l'initiation de la trithérapie inhalée à l'ensemble des médecins, marquant une évolution majeure dans la prise en charge de la BPCO. Cette étude visait à décrire l'évolution des pratiques de prescription de la trithérapie inhalée en soins primaires, chez les médecins généralistes (MG) et les pneumologues.
Méthodes
Une étude observationnelle rétrospective descriptive a été menée à partir de la base de données THIN, source de données de soins primaires de 2000 MG et 65 pneumologues. Deux périodes ont été comparées : janvier 2023-juin 2024 et juillet 2024-décembre 2025, réunissant au total 58 263 patients (84,3% MG et 15,7% pneumologues). Les patients ont été identifiés sur la base d'un diagnostic de BPCO enregistré (codes CIM-10 J41, J42, J44, J961). Les schémas thérapeutiques ont été estimés à partir de la dernière prescription enregistrée pour chaque patient.
Résultats
La prévalence des patients avec un diagnostic de BPCO a été estimée à 2,0% de la population française et 3,5% des adultes de plus de 40 ans, en cohérence avec le sous-diagnostic rapporté pour cette pathologie. Les patients étaient majoritairement âgés d'environ 68 ans, avec 74,4% présentant au moins une comorbidité enregistrée, principalement des maladies cardiovasculaires (53,6%) et une dyslipidémie (25,8%). La répartition des schémas thérapeutiques différait nettement selon la spécialité du prescripteur, avec des évolutions contrastées entre les deux périodes. Chez les pneumologues, déjà davantage orientés vers la trithérapie, les pratiques sont restées relativement stables : monothérapie (14,7% contre 13,6%), bithérapie (30,7% contre 30,4%) et trithérapie (54,1% contre 55,5%). Chez les MG, une évolution plus marquée a été observée, avec une progression de la trithérapie (27,1% contre 31,6%) et un recul concomitant de la monothérapie (19,6% contre 17,6%) et de la bithérapie (51,5% contre 49,6%).
Conclusion
Cette étude descriptive met en évidence des évolutions contrastées selon la spécialité : une progression de la trithérapie inhalée chez les MG en soins primaires français entre 2023 et 2025, tandis que les pratiques des pneumologues, déjà largement orientées vers la trithérapie, sont restées stables sur la période. Il serait intéressant de poursuivre les investigations à travers un design longitudinal avant-après, afin d'évaluer l'impact de la mise à jour des recommandations sur les pratiques de prescription et ses implications cliniques.