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Patients hospitalisés pour exacerbation de BPCO en France : caractérisation en vie réelle à partir de l'échantillon du SNDS (ESND) (OCTANS, dans le cadre du programme SIRIUS II)

Gheerbrant H.*1 ; Perez T.2 ; Deslée G.3 ; Poccardi N.4 ; Fabry-Vendrand C.4 ; Leynaud D.4 ; Serhal L.5 ; Schülé D.5 ; Belhassen M.5 ; Guilleminault L.6
1Service de Pneumologie, CH Auxerre - Auxerre (France) ; 2Service de Pneumologie et d’immuno-Allergologie, CHU de Lille - Lille (France) ; 3Service de Pneumologie, INSERM UMRS-1250, CHU de Reims - Reims (France) ; 4Département médical, AstraZeneca - Courbevoie (France) ; 5Epimentis - Lyon (France) ; 6Université de Toulouse, CHU de Toulouse, Pôle des voies Respiratoires, Hôpital Larrey - Toulouse (France)

Auteur correspondant : Fabry-Vendrand C. 

Introduction

Les exacerbations sévères de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) nécessitant une hospitalisation représentent un fardeau clinique important, insuffisamment documenté en vie réelle en France. Cette analyse préliminaire de l’étude OCTANS vise à décrire les caractéristiques sociodémographiques et cliniques des patients hospitalisés pour exacerbation de BPCO en France, leur parcours hospitalier, leur suivi et les coûts associés.

Méthodes

À partir d’un échantillon représentatif de 2% du Système National des Données de Santé français (ESND), une analyse descriptive a été menée dans la sous-population des patients âgés de 40 ans ou plus ayant présenté au moins une exacerbation sévère de BPCO nécessitant une hospitalisation en 2023. Les patients ont été suivis pendant 12 mois après l’hospitalisation index (HI) ou jusqu’au décès.

Résultats

Parmi les 938 625 sujets âgés de 40 ans ou plus inclus dans l’ESND au 1er janvier 2023, 1 565 ont été hospitalisés pour exacerbation sévère de BPCO (42% de femmes ; âge moyen : 73±12 ans). Au total, 80% des patients présentaient au moins une comorbidité, les plus fréquentes étant l’hypertension artérielle (53%) et l’anxiété / dépression (47%).

Au cours des 3 mois précédant l’HI, un traitement de fond inhalé (LAMA, LABA, CSI) avait été délivré en monothérapie chez 6% des patients, en bithérapie chez 21% (LABA/LAMA 46% ; CSI/LABA 54%) et en trithérapie chez 29%, tandis que 44% des patients ne recevaient aucun traitement d’entretien. Au cours de l’année précédant l’HI, 713 patients (46%) avaient reçu au moins une délivrance de corticostéroïdes oraux (CSO), avec une moyenne de 3,1±3,3 délivrances ; 58% avaient bénéficié d'une vaccination antigrippale.

La durée médiane de séjour lors de l’HI était de 7 jours (Q1 : 4 jours ; Q3 : 12 jours) ; 21% des patients ont nécessité une admission en unité de soins intensifs. Le traitement de fond est resté inchangé après la sortie de l’HI chez 63% des patients.

Au cours du suivi, le taux de réhospitalisation toutes causes confondues était de 66%, dont 32% pour exacerbation de BPCO.

La mortalité intrahospitalière au cours de l’HI était de 8% ; la mortalité à un an après la sortie d’hospitalisation était de 19%, avec un délai médian jusqu’au décès de 69 jours (Q1 : 30 jours ; Q3 : 193 jours).

Conclusion

Les patients hospitalisés pour exacerbation sévère de BPCO présentent une morbi-mortalité élevée à court terme. Cette étude originale de grande ampleur menée à partir de l’ESND met en évidence un besoin médical majeur non couvert en matière d’identification plus précoce de la BPCO, d’optimisation du traitement de fond et d’amélioration de la prise en charge après hospitalisation pour exacerbation de BPCO.


Gheerbrant H. a perçu des honoraires pour sa participation au comité scientifique de l'étude ; Perez T. a perçu des honoraires pour sa participation au comité scientifique de l'étude ; Deslée G. a perçu des honoraires pour sa participation au comité scientifique de l'étude ; Poccardi N. est salariée AstraZeneca, promoteur de l'étude ; Fabry-Vendrand C. est salariée AstraZeneca, promoteur de l'étude ; Leynaud D. est salariée AstraZeneca, promoteur de l'étude ; Serhal L. est salariée Epimentis, chargé de la conduite de l'étude ; Schülé D. est salariée Epimentis, chargé de la conduite de l'étude ; Belhassen M. est salariée Epimentis, chargé de la conduite de l'étude ; Guilleminault L. a perçu des honoraires pour sa participation au comité scientifique de l'étude