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Observation de la saturation pulsée en oxygène au cours d’un exercice en fractionné comparativement à un exercice en continu chez les patients atteints de BPCO hypoxémiques à l’effort

Prieur G.1,3 ; Bansard L.*1,2,3,4 ; Dubois C.1,2,3 ; Machefert M.1,2 ; Médrinal C.1,4,5 ; Combret Y.1,2,3
1Service de Physiothérapie, Groupe Hospitalier du Havre, Le Havre, France ; 2Université Paris-Saclay, France ; 3ERPHAN UR20201, Versailles, France ; 4Université Rouen Normandie, France ; 5GRHVN UR3830, Rouen, France

Auteur correspondant : Bansard L. 

Introduction

Le réentraînement à l’effort améliore la qualité de vie et la capacité fonctionnelle à l’exercice des patients atteints de BPCO. [1] Certains patients présentent une désaturation en oxygène induite par l’exercice sans prescription d’oxygène à l’effort. Les recommandations suggèrent que l’exercice fractionné permettrait de limiter les désaturations [1] ; mais actuellement aucune donnée ne le confirme. Nous émettons l’hypothèse que l’exercice fractionné (GF) permettrait d’augmenter la saturation pulsée en oxygène (SpO2) à l’effort pour des patients atteints de BPCO comparativement à un exercice en continu (GC).

Méthodes

Une étude observationnelle en cross-over a été menée auprès de patients atteints de BPCO participant à un programme de réadaptation respiratoire et répondants aux critères d’inclusion (SpO2 < 90% au test de marche de 6 minutes et sans oxygénothérapie à l’effort). Les patients ont réalisé une séance d’exercice en fractionné (10 sessions de 1’ à 100% de la puissance maximale suivies de 1’ de récupération), et une en continu (20’ à 60% de la puissance maximale) espacées de 48 heures. Le critère de jugement principal était la mesure de la SpO2moyenne. La SpO2minimale, le temps passé avec une SpO2 < 90% et < 88% ont également été mesurés. Les critères de jugement secondaires comprenaient les mesures suivantes : saturation tissulaire en oxygène (StO2), capacité inspiratoire (CI), fréquence respiratoire (FR), volume courant (Vt), ventilation minute (VE),fréquence cardiaque (FC), dyspnée et fatigue ressentie dans les jambes.

Résultats

12 patients BPCO ont été inclus (âge moyen 63,5 ans ; IMC moyen 25,5 kg/m2et VEMS moyen 34,9%). La SpO2moyenne n’était pas significativement différente entre les deux sessions (différence moyenne (DM) : +1,0% [IC95% : -0,5-2,6] ; p=0,2), mais la borne supérieure de l’IC95% peut suggérer une tendance globale vers une meilleure SpO2en faveur du GF. La SpO2minimale n’était pas différente entre le GF et le GC (82,1%±3,99 vs 81,9% ±4,4 respectivement ; DM : +0,2% [IC95% : -2,8-3,1] ; p=0,9). Le % du temps passé < 90% de SpO2n’était pas significativement différent entre le GF et le GC (55,4% ±32,9 vs 65,1% ±32,3 respectivement ; DM -9,7% [IC95% -30,3-10,8] ; p=0,3). Le % du temps passé < 88% de SpO2n’était pas différent entre le GF et le GC (35,7% ±33,5 vs 41,4% ±36,7 respectivement) ; DM -5,7% [IC95% -27,9-16,6] ; p=0,6).

Aucune différence statistiquement significative n’a été observée pour les autres critères (p>0,05).

Conclusion

Nos résultats ne montrent pas de différence sur la SpO2des patients atteints de BPCO entre les efforts en continu ou en fractionné. L’interprétation de l’IC95% pour la SpO2moyenne montre que l’effet du fractionné varie entre une absence de bénéfice et un bénéfice cliniquement important. Au regard des intervalles de confiance, l’exercice en fractionné ne semble pas apporter d’effet sur le pic de désaturation, ni sur le temps passé < 90% ou < 88% de SpO2. L’exercice en fractionné pourrait être envisagé chez certains patients atteints de BPCO présentant une désaturation lente. Des études complémentaires avec un plus grand nombre de participants sont nécessaires pour confirmer son intérêt pour ce profil de patients.

Références

[1] Am J Respir Crit Care Med, 2013, 188, e13-64


Prieur Guillaume , * ; Bansard Léa. * ; Dubois Claire ,, * ; Machefert Margaux , * ; Médrinal Clément ,, * ; Combret Yann ,, *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.