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Valeur pronostique du Systemic Immune-Inflammation Index (SII) chez les patients hospitalisés pour exacerbation aiguë de BPCO

Aloulou Y.1 ; Ben Amor K.*1 ; Zarrouk S.1 ; Chouaikh E.1 ; Mjid M.1 ; Toujeni S.1 ; Chikhrouhou S.1 ; Hedhli A.1 ; Dhahri B.1
1Service de Pneumologie, CHU la Rabta, LR18SP02, 1007 Tunis, Tunisie , faculté de Médecine de Tunis, Université Tunis El Manar,

Auteur correspondant : Ben Amor K. 

Introduction

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) constitue une cause majeure de morbidité et de mortalité, notamment lors des exacerbations aiguës nécessitant une hospitalisation. Les exacerbations aiguës de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) constituent un événement fréquent et potentiellement grave. L’inflammation systémique joue un rôle important dans la physiopathologie et la progression de la maladie et pourrait être associée à la sévérité des exacerbations et à leur pronostic. Le systemic immune-inflammation index (SII), calculé à partir des paramètres de la numération-formule sanguine, constitue un marqueur simple et accessible de l’inflammation systémique.

Le but de notre travail était d’évaluer l’intérêt du SII dans l’évaluation de la sévérité des exacerbations aiguës de BPCO.

Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective incluant 153 patients hospitalisés pour exacerbation aiguë de BPCO au service de pneumologie de l’hôpital La Rabta, de Janvier 2024 à juin 2026 Le SII a été calculé à partir de la numération-formule sanguine réalisée à l’admission, selon la formule :

SII=plaquettes × neutrophiles / lymphocytes.

Sa valeur pronostique a été évaluée en étudiant son association avec différents paramètres d’évolution, notamment la durée d’hospitalisation, le recours à la réanimation, les besoins en oxygène, ainsi que l’instauration d’une oxygénothérapie de longue durée ou d’une ventilation non invasive au long cours à la sortie.

Résultats

La moyenne d’âge était de 66 ans avec une prédominance masculine (86,9% des cas). La majorité des patients étaient tabagiques (n=142 ; 92,8%). Le SII moyen était à 2602,64,36 patients (23,6%) présentaient une exacerbation légère, 38 (24,8%) une exacerbation modérée et 79 (51,6%) une exacerbation sévère.

Une corrélation négative faible mais statistiquement significative a été retrouvée entre le SII et la PaO₂ (r=−0,243 ; p=0,018 ; n=94), suggérant qu’un SII plus élevé est associé à une PaO₂ plus basse. On n’a pas retrouvé de corrélation significative entre le SII et la durée d’hospitalisation (r=−0,003 ; p=0,971 ; n=145). En revanche, le SII était significativement associé à l’hospitalisation en réanimation en analyse de régression logistique (p=0,018). Une corrélation positive modérée et statistiquement significative a également été retrouvée entre le SII et les besoins en oxygène (r=0,500 ; p=0,009).

Par ailleurs, le SII était significativement plus élevé chez les patients nécessitant une oxygénothérapie de longue durée après l’exacerbation, comparativement à ceux n’en nécessitant pas (SII moyen 7436 vs 3739 ; p=0,036). De même, les patients nécessitant une VNI au long cours présentaient un SII significativement plus élevé que ceux n’en nécessitant pas (SII moyen 9994 vs 1181 ; p=0,040).

Conclusion

Nos résultats suggèrent que le SII pourrait constituer un marqueur d’intérêt pour l’identification des patients à risque d’évolution défavorable au cours des exacerbations aiguës de BPCO. Simple, accessible et peu coûteux, il pourrait représenter un outil complémentaire intéressant dans l’évaluation pronostique de ces patients.


Aloulou Y. * ; Ben Amor K. * ; Zarrouk S. * ; Chouaikh E. * ; Mjid M. * ; Toujeni S. * ; Chikhrouhou S. * ; Hedhli A. * ; Dhahri B. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.