·

Place de la chirurgie curative dans le traitement du carcinome pulmonaire à petites cellules localisé : expérience monocentrique sur une période de 9 ans

Bel Hadj Mabrouk H.*1 ; Abdennadher M.1 ; Hadj Dahmane M.1 ; Abdelkbir A.1 ; Chabchoub A.2 ; Bouassida I.1 ; Zribi H.1 ; Marghli A.1
1Service de Chirurgie Thoracique, Hôpital Abderrahmen Mami, Ariana, Tunisie ; 2Service d'Anesthésie-Réanimation, Hôpital Abderrahmen Mami, Ariana, Tunisie

Auteur correspondant : Bel Hadj Mabrouk H. 

Introduction

La chirurgie occupe une place limitée et hautement sélectionnée dans la prise en charge du carcinome pulmonaire à petites cellules (CPC). Nous rapportons l’expérience de notre centre concernant les caractéristiques clinico-pathologiques, les modalités chirurgicales et les résultats à court et moyen terme des patients opérés pour un CPC localisé.

Méthodes

Étude rétrospective monocentrique incluant les patients ayant bénéficié d’une résection pulmonaire pour un CPC entre 2018 et 2026. Les données démographiques, cliniques, radiologiques, de stadification, chirurgicales, anatomopathologiques, thérapeutiques et évolutives ont été recueillies.

Résultats

Sept patients initialement identifiés comme ayant un CPC réséqué ont été évalués. Une relecture anatomopathologique de la pièce opératoire a permis de reclasser un patient en tumeur carcinoïde atypique, conduisant à son exclusion. Six patients avec CPC confirmé ont ainsi été analysés. L’âge médian était de 66 ans [41–72] ; tous étaient des hommes et des fumeurs, avec une consommation médiane de 35 paquets-années [20–50]. Quatre patients étaient asymptomatiques ou paucisymptomatiques lors de la découverte, tandis que les autres présentaient principalement une dyspnée (n=2), des douleurs thoraciques (n=1) ou une toux (n=1). Les tumeurs étaient principalement périphériques (5/6) et localisées au lobe supérieur droit (4/6), avec une taille médiane de 24,5 mm [8–60]. Cinq patients présentaient une maladie cT1–T3N0, tandis qu’un patient avait un cT2aN2b. Une chirurgie première a été réalisée chez tous les patients. Cinq résections ont été réalisées par chirurgie ouverte et une par VATS. Les gestes comprenaient quatre lobectomies, une segmentectomie et une résection atypique de type wedge. Un curage ganglionnaire systématique a été réalisé dans tous les cas, avec une médiane de 17,5 ganglions [4–33] et 6 stations [5–7]. Deux patients étaient pN1 ; une discordance clinico-pathologique du statut ganglionnaire était observée chez le patient initialement cN2b, finalement reclassé pN1 après analyse anatomopathologique, les adénopathies sous-carénaires suspectes s’avérant réactionnelles ; les quatre autres pN0. Une résection R0 a été obtenue chez les six patients. Les stades pathologiques étaient IA1 (n=1), IA2 (n=1), IB (n=2), IIA (n=1) et IIB (n=1). Une composante histologique mixte avec contingent de CNPC était retrouvée chez un seul patient. Une chimiothérapie adjuvante a été administrée chez deux patients, à raison de quatre cures de sel de platine-étoposide. Deux complications postopératoires, toutes deux de grade II de Clavien-Dindo, ont été observées, sans réintervention ni mortalité à 30 ou 90 jours. Aucune récidive n’a été documentée durant le suivi disponible.

Conclusion

Dans notre expérience, la chirurgie du CPC constitue une stratégie exceptionnelle et hautement sélectionnée. Elle a permis une résection R0 chez tous les patients, avec une morbidité postopératoire limitée. La confrontation du staging clinique et anatomopathologique souligne toutefois la possibilité d’une discordance ganglionnaire, notamment chez les patients présentant une suspicion d’atteinte médiastinale.


Bel Hadj Mabrouk H. * ; Abdennadher M. * ; Hadj Dahmane M. * ; Abdelkbir A. * ; Chabchoub A. * ; Bouassida I. * ; Zribi H. * ; Marghli A. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.