·

Caractérisation des monocytes sanguins dans l’histiocytose Langerhansienne pulmonaire isolée de l’adulte

Hutteau-Hamel T.*1,2 ; Ayas O.3 ; Helft J.1 ; Soumelis V.3 ; Benattia A.2 ; Tazi A.1,2
1Université Paris Cité, Institut Cochin, UMR INSERM U1016-CNRS 8104, Phagocytes and Tumour Immunology Lab, Paris, France ; 2AP-HP, Centre National de Reference des Histiocytoses, Hôpital Saint-Louis, Paris, France ; 3Institut de recherche Saint Louis, INSERM U1342, Paris France

Auteur correspondant : Tazi A 

Introduction

L’histiocytose Langerhansienne pulmonaire (HLP) de l’adulte est une maladie clonale rare, d’évolution variable, qui touche les sujets jeunes fumeurs. Une activation de la voie des MAPK, induite par diverses altérations moléculaires, notamment la mutation BRAFV600E, est constamment observée dans les lésions. Celles-ci sont caractérisées par l’infiltration de la paroi des bronchioles par des cellules mononucléées spécifiques CD1a+ /CD207 + (cellules HL), dont l’origine est inconnue. L’objectif de cette étude était de tester l’hypothèse que les cellules HL des lésions d’HLP isolée pourraient provenir des phagocytes mononucléés sanguins et de rechercher une corrélation avec l’évolution de la maladie.

Méthodes

Onze patients atteints de HLP non traitée et d’activité variable ont été inclus. Cinq fumeurs sains (FS) ont également été inclus dans le groupe témoin. Les PBMC ont été analysées simultanément par séquençage de l’ARN en cellule unique (scRNAseq) et par cytométrie en flux multiparamétrique, en aveugle des caractéristiques cliniques des patients.

Résultats

La proportion des sous-types de PBMC entre les FS et les patients HLP était comparable. La projection UMAP a révélé un profil nettement distinct entre les patients HLP et les FS, en particulier pour les monocytes classiques (cMo). L'analyse des gènes différentiellement exprimés (DEG) a confirmé des profils transcriptomiques des cMo très différents entre les FS et les patients atteints d’HLP (Figure 1). Les profils des cMo des patients HLP étaient hétérogènes et pouvaient être regroupés en deux groupes (Grp) de 7 (Grp1) et 4 (Grp2) échantillons. L'algorithme de notation UCell a montré que les cMo des 2 Grp d’HLP avaient des scores de similarité plus élevés que ceux des FS avec les cellules HL différenciées in vitro à partir de monocytes CD14 + stimulés par Jagged 2. De plus, les cMo du Grp2 présentaient un score de similarité plus élevé avec la signature transcriptomique des lésions d’HL non pulmonaire, constituée de 77 gènes, notamment le DEG le plus discriminant de ces lésions (C15orf48). En cytométrie en flux, les cMo des patients HLP exprimaient plus intensément le récepteur à activité tyrosine kinase AXL et plus faiblement celui de l'intégrine CD49f (marqueur de sous-populations de monocytes). De plus, les cMo du Grp2 exprimaient plus fortement les marqueurs Notch 1 et CD163, caractéristiques des cellules HL. Enfin, l’analyse séquentielle des cMo chez certains patients a montré que leur profil transcriptomique variait en fonction de l’état d’activité (résolution/poussée) de l’HLP.

Conclusion

Les cMo des patients HLP présentent un programme histiocytaire. Dans les formes actives d’HLP, ces cMo partagent plusieurs caractéristiques transcriptionnelles clés avec les cellules de HL lésionnelles.

10397.png

Hutteau-Hamel T. * ; Ayas O. * ; Helft J. * ; Soumelis V. * ; Benattia A. * ; Tazi A. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.