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Introduction
Le cancer bronchique à petite cellule de stade étendu est caractérisé par des rechutes fréquentes malgré la chimio-immunothérapie de première ligne. Récemment, l’étude IMforte a montré un bénéfice de l’association Lurbinectédine–Atézolizumab en maintenance. Cependant, les données sur Lurbinectédine en monothérapie chez les patients en rechute restent limitées, avec principalement une étude de phase II à bras unique et un essai de phase III (ATLANTIS) négatif sur son critère principal. Dans ce contexte thérapeutique en évolution, la place de Lurbinectédine reste à préciser.
Méthodes
Cette étude rétrospective monocentrique a inclus tous les patients consécutifs atteints d’un cancer bronchique à petites cellules (CBPC) de stade étendu en rechute, traités par lurbinectédine dans le cadre d’un programme d’accès compassionnel entre septembre 2020 et mars 2026. Les patients avaient présenté une progression après une chimiothérapie de première ligne à base de platine, avec ou sans immunothérapie. Lurbinectédine était administrée à la dose de 3,2 mg/m² toutes les trois semaines jusqu’à progression de la maladie ou survenue d’une toxicité inacceptable. La survie sans progression (SSP) et la survie globale (SG) ont été estimées selon la méthode de Kaplan-Meier.
Résultats
Quarante-neuf patients ont été inclus, avec un âge médian de 66 ans (extrêmes : 36–92). À l’initiation de Lurbinectédine, 46,9% des patients avaient un PS : 0–1 et 46,9% présentaient des métastases cérébrales. Lurbinectédine était administrée en médiane en 2e ligne (extrêmes : 2–4), pour un nombre médian de 3 cycles (extrêmes : 1–27). La médiane de SSP était de 1,9 mois et celle de SG de 3,8 mois. Le taux de réponse objective était de 12,2% et le taux de contrôle de la maladie de 30,6%.
Les événements indésirables (EI) les plus fréquents étaient l’asthénie (26,5%), la neutropénie (16,3%), l’anémie (14,3%) et la thrombopénie (12,2%). Les EI de grade≥3 étaient principalement hématologiques : thrombopénie (10,2%), neutropénie (8,2%) et anémie (6,1%), avec un cas de pancytopénie de grade 4. Quatre patients ont arrêté le traitement pour toxicité, sans décès lié au traitement.
Conclusion
Dans cette étude en vie réelle menée chez des patients atteints d’un CBPC de stade étendu, dont certains présentaient des facteurs de mauvais pronostic, la lurbinectédine semble active avec une tolérance globalement acceptable. Nos résultats apportent des données sur son utilisation en pratique courante, dans une population souvent plus fragile et plus hétérogène que celle des essais cliniques. Dans un contexte où la prise en charge du CBPC évolue rapidement, ces données pourront contribuer à mieux définir la place de la lurbinectédine dans les futures stratégies thérapeutiques.