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Le cancer du poumon à La Reunion : survie et aspect épidémiologique

Piquerey B.*1 ; Huchot E.1
1Pneumologie, CHU de La Réunion, Saint-Pierre, France

Auteur correspondant : Piquerey B. 

Introduction

Le cancer bronchopulmonaire demeure la première cause mondiale de décès par cancer [1]. La Réunion présente un profil populationnel singulier (population jeune, précarité socio-économique, tabagisme prédominant chez les personnes à faible revenu, composante démographique d'origine asiatique pouvant influer sur la prévalence des mutations EGFR [2]) et une survie nette à cinq ans légèrement inférieure à la métropole (17% contre 20%). Peu de données locales récentes décrivent conjointement l'épidémiologie et la survie de ce cancer tous stades confondus, à l'ère récente de l'immunothérapie et des thérapies ciblées. L'objectif de ce travail était de décrire l'épidémiologie et la survie des patients atteints d'un cancer du poumon, tous stades confondus, diagnostiqué à La Réunion entre 2020 et 2021 et de comparer ces données aux tendances métropolitaines récentes (adénocarcinomes et cancers féminins en hausse).

Méthodes

Étude observationnelle, descriptive, rétrospective et multicentrique, incluant tous les patients domiciliés à La Réunion ayant reçu un diagnostic de cancer bronchique primitif, confirmé histologiquement ou cytologiquement, entre le 1er janvier 2020 et le 31décembre 2021. Le recueil, réalisé au CHU de La Réunion, portait sur lescaractéristiques démographiques, tabagiques, tumorales et thérapeutiques. La survie globale et la survie sans progression ont été estimées selon la méthode de Kaplan Meier, et l'exhaustivité du recueil évaluée par comparaison au Registre des cancers de La Réunion.

Résultats

414 patients ont été inclus (âge médian 66 ans, 71% d'hommes), dont 30% présentaient une bronchopneumopathie chronique obstructive et 41% un emphysème. Un tabagisme était retrouvé chez 83% des patients, mais 49% des femmes étaient non-fumeuses. L'adénocarcinome était le type histologique prédominant, tous sexes confondus (67%) ; parmi les patients testés, une mutation KRAS était retrouvée chez 23% et une mutation EGFR exon 19/21 chez 15% et EGFR exon 20 chez 2,5%. L'expression de PD-L1 était≥50% chez 26% des patients testés. Au diagnostic, 62%des patients étaient au stade IV. Chez les patients de stade IV avec PD-L1≥50%, la survie globale médiane atteignait 30 mois sous chimio-immunothérapie vs 28 mois sous immunothérapie seule

Conclusion

Cette étude fournit une caractérisation contemporaine de l'épidémiologie et de la survie du cancer du poumon à La Réunion, marquée par une prédominance des stades avancés au diagnostic. Le profil moléculaire local (fréquence de mutations EGFR supérieure à celle de la population caucasienne) et une évolution vers davantage d'adénocarcinomes et de cancers féminins, cohérente avec la tendance métropolitaine, justifient une surveillance épidémiologique continue.

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Références

[1] Global cancer statistics 2022 : GLOBOCAN estimates of incidence and mortality worldwide for 36 cancers in 185 countries. CA Cancer J Clin. 2024 ; 74(3):229-263

[2]À prospective, molecular epidemiology study of EGFR mutations in Asian patients with advanced non-small-cell lung cancer of adenocarcinoma histology (PIONEER). J Thorac Oncol. 2014 ; 9(2):154-162


Piquerey B. * ; Huchot E. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.