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Introduction
L’asthme du sujet obèse est aujourd’hui reconnu comme un phénotype particulier et hétérogène, caractérisé par une plus grande sévérité, une altération de la mécanique ventilatoire et un mauvais contrôle sous traitement usuel. L’intrication avec des comorbidités métaboliques et digestives complique davantage sa prise en charge.
Les objectifs de notre étude : Décrire les caractéristiques sociodémographiques, cliniques, spirométriques et le niveau de contrôle de l’asthme chez les adultes obèses suivis en consultation de pneumologie.
Méthodes
Etudes rétrospective monocentrique menée au niveau de la consultation de pneumologie du CHU Mohamed Lamine Débbaghine (Alger) sur une période de 5ans et demi (Janvier 2021- Juillet 2026). L’étude a inclus 140 patients adultes asthmatiques présentant une obésité définie par un IMC≥30 kg/m².
Résultats
- Démographie : Une prédominance féminine nette a été notée (65%, n=91). L’âge des patients s’échelonnait de 16 à 80 ans avec un âge moyen de 40 ans.
- Sévérité de l’obésité : L’obésité était modérée chez 57,8% (n=81), sévère chez 30% (n=42) et morbide chez 12,1% (n=17) des cas.
- Profil d’atopie et comorbidités : L’atopie était présente chez 55% des patients (n=77). Les comorbidités les plus fréquentes étaient le reflux gastro-œsophagien (RGO : 45%, n=63), le diabète de type 2 (30%, n=42) et l’hypertension artérielle (HTA :25,7%, n=36).
- Données spirométriques : L’exploration fonctionnelle respiratoire révélait un trouble ventilatoire obstructif (TVO) chez 63,5%(n=89) des patients, un trouble ventilatoire mixte chez 25% (n=35), tandis que la spirométrie était normale chez seulement 11,4% (n=16).
- Contrôle de l’asthme : L’asthme était non contrôlé chez 42,1% (n=59) et partiellement contrôlé chez 40% (n=56), soit un défaut de contrôle global chez 82,1% de la cohorte. Seuls 17,8% (n=25) présentaient un asthme contrôlé.
Conclusion
Nos résultats confirment le lourd fardeau clinique et fonctionnel lié au phénotype asthme-obésité, marqué par un taux d’échec du contrôle thérapeutique très élevés (82,1%) et une forte prévalence des comorbidités (RGO et syndrome métabolique). Une prise en charge multidisciplinaire précoce, associant pneumologues et nutritionnistes pour intégrer la réduction pondérale au traitement pharmacologique, est indispensable.