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Introduction
La sensibilisation aux moisissures constitue une composante importante de l’allergie respiratoire, avec des profils susceptibles de varier selon l’âge. L’objectif de cette étude était de comparer les caractéristiques épidémiologiques, cliniques et allergéniques des enfants et des adultes sensibilisés aux moisissures. Méthodes : Étude rétrospective descriptive menée de 1992 à 2023 au service de pneumologie de l’Hôpital des Forces de Sécurité Intérieure de La Marsa. Ont été inclus les patients présentant au moins un prick-test positif à une moisissure. Deux groupes ont été comparés : enfants (< 15 ans) et adultes (≥15 ans). Les profils de sensibilisation fongique ont été analysés dans le sous-groupe ayant bénéficié d’un bilan complet pour Alternaria, Penicillium, Cladosporium et Aspergillus. Résultats : Parmi 7130 patients testés, 976 étaient sensibilisés aux moisissures (13,69%), dont 344 enfants (âge moyen 8,53±3,3 ans) et 632 adultes (36,03±12,7 ans). Une prédominance masculine était observée chez l’enfant, contrairement à l’adulte (sex-ratio : 1,77 vs 1,01 ; p< 0,001). Les antécédents familiaux d’atopie étaient plus fréquents chez l’enfant (58,1% vs 48,3% ; p=0,003). La rhinite était comparable entre les deux groupes (88,1% vs 87,2% ; p=0,68). L’asthme était plus fréquent chez l’enfant (73,5% vs 64,6% ; p=0,005), tandis que la conjonctivite prédominait chez l’adulte (46,5% vs 36,9% ; p=0,004). L’association asthme-rhinite était également plus fréquente chez l’enfant (36,3% vs 25,0% ; p< 0,001). Dans le sous-groupe ayant bénéficié d’un bilan fongique complet, Alternaria était la moisissure prédominante, avec une fréquence plus élevée chez l’enfant que chez l’adulte (73,63% vs 45,53% ; p=0,04). À l’inverse, les sensibilisations à Penicillium (26,36% vs 36,60% ; p=0,01) et Cladosporium (23,63% vs 31,69% ; p=0,02) étaient plus fréquentes chez l’adulte. La monosensibilisation à Alternaria prédominait chez l’enfant (50,91% vs 27,68% ; p< 0,001). Les co-sensibilisations aux acariens (63,4% vs 54,7% ; p=0,009) et au chat (31,8% vs 17,5% ; p< 0,001) étaient plus fréquentes chez l’enfant, tandis que celles aux pollens (62,3% vs 50,0% ; p< 0,001) et aux blattes (23,5% vs 17,4% ; p=0,031) prédominaient chez l’adulte. Conclusion : Cette étude met en évidence des profils de sensibilisation aux moisissures distincts selon l’âge. Chez l’enfant, la sensibilisation était dominée par Alternaria, notamment sous forme de monosensibilisation, et s’associait plus fréquemment à l’asthme et aux antécédents familiaux d’atopie. Chez l’adulte, le profil fongique était plus diversifié, avec une plus grande fréquence des sensibilisations à Penicillium et Cladosporium. La diversité des profils selon l’âge souligne l’intérêt d’une exploration prenant en compte plusieurs moisissures chez les patients sensibilisés.