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Poumon éosinophile : aspects radio-cliniques et étiologiques

Lakhnati H.*1 ; Bougteb N.*1 ; Bamha H.*1 ; Msika S.*1 ; Arfaoui H.*1 ; Jabri H.*1 ; El Khattabi W.*1 ; Afif M.H.*1
1Service des Maladies Respiratoires, Hôpital 20 Août 1993, CHU Ibn Rochd, Casablanca, Maroc

Auteur correspondant : Lakhnati H. 

Introduction

Le poumon à éosinophiles regroupe un ensemble hétérogène d'affections caractérisées par une infiltration éosinophilique du parenchyme pulmonaire, se traduisant par des opacités pulmonaires pouvant être migratrices, associées à une éosinophilie sanguine et/ou alvéolaire, définie par une proportion d'éosinophiles au lavage broncho-alvéolaire supérieure à 25%. L'objectif de cette étude était de décrire les caractéristiques cliniques, radiologiques et étiologiques des patients présentant une atteinte pulmonaire à éosinophiles.

Méthodes

Il s'agissait d'une étude rétrospective descriptive réalisée dans notre service entre janvier 2011 et septembre 2026. Ont été inclus 22 patients présentant une atteinte pulmonaire éosinophiles. Les données épidémiologiques, cliniques, biologiques, radiologiques, étiologiques, thérapeutiques et évolutives ont été recueillies.

Résultats

L'âge moyen des patients était de 48 ans, avec une prédominance féminine (65%). Un antécédent d'asthme était fréquemment retrouvé. La symptomatologie était dominée par la toux et la dyspnée. Des manifestations extra pulmonaires étaient observées, notamment une atteinte neurologique chez 7 patients, une atteinte sinusienne chez 5 patients, une pleurésie bilatérale chez 3 patients et une péricardite chez 2 patients. Une hyperéosinophilie sanguine, supérieure en moyenne à 1000 éléments/μL, ainsi qu'une éosinophilie alvéolaire étaient retrouvées chez l'ensemble des patients. La tomodensitométrie thoracique objectivait des opacités pulmonaires, parfois labiles et migratrices. Sur le plan étiologique, la granulomatose éosinophilique avec polyangéite constituait la principale cause identifiée, retrouvée chez 12 patients. Les autres étiologies étaient représentées par les parasitoses intestinales dans 4 cas, l'aspergillose bronchopulmonaire allergique dans 3 cas et la pneumonie chronique à éosinophiles dans 3 cas. Une corticothérapie systémique était instaurée chez 20 patients. Un traitement antifongique était associé dans 3 cas et un traitement antiparasitaire chez les 4 patients présentant une parasitose. L'évolution était favorable chez tous les patients.

Conclusion

Le poumon à éosinophiles regroupe des affections d'étiologies variées dont certaines peuvent être sévères, notamment la granulomatose éosinophilique avec polyangéite. La présence de manifestations extra pulmonaires doit inciter à rechercher une atteinte systémique. Une démarche diagnostique rigoureuse, reposant sur la confrontation des données cliniques, biologiques et radiologiques, est indispensable afin d'identifier l'étiologie et d'adapter précocement le traitement, principalement fondé sur la corticothérapie systémique.


Lakhnati H. * ; Bougteb N. * ; Bamha H. * ; Msika S. * ; Arfaoui H. * ; Jabri H. * ; El Khattabi W. * ; Afif M.H. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.