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Introduction
La rhinite est une affection fréquente des voies aériennes supérieures, susceptible d’altérer la qualité de vie et de s’associer à l’asthme. Son expression dépend du terrain atopique, de la sensibilisation allergénique et des expositions environnementales. L’objectif était de décrire le profil épidémiologique, clinique, environnemental, allergologique et thérapeutique des patients consultant pour rhinite.
Méthodes
Nous avons réalisé une étude descriptive, transversale et rétrospective au sein de la consultation d’allergologie du service de pneumologie du CHU Mohammed VI d'Agadir, sur une période de 18 mois. Ont été inclus les patients, sans restriction d’âge ni de sexe, ayant consulté pour rhinite. Les données sociodémographiques, cliniques, environnementales, allergologiques et thérapeutiques ont été recueillies à partir des dossiers médicaux.
Résultats
Parmi les 128 patients ayant consulté en allergologie, 110 présentaient une rhinite, soit 85,9% des cas. L’âge moyen était de 31,3 ans, avec des extrêmes allant de 3 à 82 ans. Une prédominance féminine était observée, avec 72,7% de femmes contre 27,3% d’hommes. La majorité des patients résidait en milieu urbain (89,8%) ; 58,6% vivaient en appartement, 38,3% dans une maison traditionnelle et 3,1% dans une villa. Un antécédent familial d’atopie était rapporté chez 71,9% des patients, tandis qu’un asthme associé était noté dans 30% des cas. Les expositions domestiques les plus fréquemment rapportées étaient la présence de blattes au domicile (44,5%), de moisissures (33,6%) et de plantes d’intérieur (27,3%). La rhinite était perannuelle dans 77,9% des cas renseignés (81/104), contre 22,1% de formes saisonnières. La poussière constituait le principal facteur déclenchant ou aggravant, rapporté par 60,9% des patients, suivie du froid (19,1%), des détergents (17,3%) et des moisissures (15,5%). Le prurit nasal, les éternuements en salves, la rhinorrhée et l’obstruction nasale étaient les manifestations cliniques prédominantes, observées respectivement chez 86,4%, 85,5%, 81,8% et 80,9% des patients. Selon la classification ARIA, 60,9% des patients présentaient une rhinite intermittente et 34,5% une rhinite persistante ; les symptômes étaient légers dans 55,5% des cas et modérés à sévères dans 40% des cas. Des prick-tests ont été réalisés chez 88 patients (80%), dont 56 présentaient au moins une sensibilisation allergénique, soit 63,6% des patients testés. La monosensibilisation était la plus fréquente (n=40). Les acariens représentaient les allergènes les plus souvent impliqués (n=50), suivis des pollens (n=13), des phanères d’animaux domestiques (n=10) et des trophallergènes (n=2). Une rhinite allergique était retenue chez 50,9% des patients. Les antihistaminiques et les corticoïdes nasaux étaient les traitements les plus prescrits, respectivement dans 88,2% et 71,8% des cas. Une immunothérapie allergénique a été instaurée chez 1,8% des patients.
Conclusion
La rhinite concernait principalement une population jeune, féminine et urbaine, fréquemment caractérisée par un terrain atopique familial et une forme perannuelle. L’asthme était associé dans près d’un tiers des cas. La prédominance des expositions domestiques et des sensibilisations aux acariens plaide pour une évaluation systématique de l’environnement intérieur et la réalisation d’un bilan allergologique ciblé. Une prise en charge individualisée, associant mesures d’éviction, traitement pharmacologique adapté et immunothérapie allergénique lorsque celle-ci est indiquée, est essentielle pour améliorer le contrôle des symptômes.