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Introduction
L’allergie serait présente chez environ 60% des patients adultes asthmatiques sévères. Cependant, dans les essais cliniques randomisés des biothérapies dans l’asthme sévère, la caractérisation du phénotype allergique est souvent limitée. Ainsi, la place réelle du phénotype allergique dans la réponse aux biothérapies chez les patients asthmatiques sévères de phénotype T2 demeure incertaine. L’objectif principal de l’étude était d’évaluer l’impact de l’allergie respiratoire dans l’asthme sévère de phénotype T2 sous biothérapie.
Méthodes
Étude monocentrique rétrospective non interventionnelle au CHU de Poitiers s’intéressant aux patients adultes asthmatiques sévères de phénotype T2 sous biothérapie (2024-2025). Les patients étaient classés en phénotype allergique s’ils présentaient l’association d’une sensibilisation à au moins un pneumallergène perannuel et d’une symptomatologie clinique compatible lors de l’exposition à l’allergène suspecté. En l’absence d’une de ces deux caractéristiques, les patients étaient classés en phénotype non allergique.
Résultats
74 patients asthmatiques sévères sous biothérapie étaient inclus avec 44 allergiques et 30 non allergiques. Les patients asthmatiques sévères allergiques étaient significativement diagnostiqués plus précocement (âge médian de 30 ans [6–48] contre 43 ans [26–56], p=0,045). Après comparaison sur le statut allergique, aucune différence significative n’était observée concernant le sex-ratio, l’IMC, le statut tabagique, l’âge à l’initiation de la première biothérapie, la durée de traitement sous biothérapie, la posologie de corticoïdes oraux au long cours à l’inclusion dans l’étude ou à l’initiation de la première biothérapie notamment. Une réduction du taux annuel d’exacerbation à 12 mois de l’initiation de la première biothérapie a été observée dans les 2 groupes sans différence selon le statut allergique (figure 1 ; p=0,22). Seule l’éosinophilie sanguine≥300/mm3à l’initiation de la première biothérapie semblait associée à une réduction≥50% du taux annuel d’exacerbation à 12 mois de l’initiation de la première biothérapie (OR 5,78 ; p=0,002), indépendamment du phénotype allergique.
Conclusion
Chez les adultes asthmatiques sévères de phénotype T2 traités par biothérapie, le phénotype allergique était associé notamment à un diagnostic plus précoce de l’asthme. Le phénotype allergique ne semblait pas corrélé à une meilleure réponse aux biothérapies. L’éosinophilie sanguine≥300/mm3constituerait un facteur prédictif indépendant de réduction des exacerbations soulignant le rôle central des polynucléaires éosinophiles dans la physiopathologie de l’asthme sévère.
Figure 1 : Évolution du taux annuel d’exacerbation entre l’initiation et à 12 mois de la mise en place de la première biothérapie pour les patients allergiques (A) et les patients non allergiques (B) avec une comparaison selon le statut allergique (C) (N=71). 3 patients n’ont pas été inclus dans l’analyse pour données manquantes sur le nombre d’exacerbation à la l’initiation et/ou à 12 mois de la biothérapie