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Introduction
Le secteur de la friperie expose les salariés à un environnement de travail contaminé par des micro-organismes se développant dans les tissus usagés, emballés et ayant transité par des zones humides. Cette exposition pourrait être à l’origine de diverses manifestations allergiques, notamment d’asthme allergique aux acariens.
Méthodes
Il s’agit d’une étude descriptive rétrospective portant sur 9 patients atteints d’asthme allergique aux acariens et travaillant dans une entreprise de friperie. Une étude technique comprenant des prélèvements d’air et de poussières au niveau des différents postes de travail a permis d’identifier la présence d’acariens.
Résultats
Neuf patients ont été recensés, occupant des postes de tri (6 cas), de repassage (1 cas), de vente en magasin (1 cas) et de responsable d’atelier (1 cas). L’âge moyen était de 35 ans, avec une prédominance masculine (6 hommes). L’ancienneté professionnelle moyenne était de 10 ans. Un terrain atopique personnel était retrouvé chez 6 salariés. La symptomatologie clinique était dominée par la dyspnée paroxystique et les sibilants thoraciques, rapportés chez les 9 patients, ainsi que par la toux sèche dans 6 cas. Le test d’éviction-reprise était positif chez 7 patients. Par ailleurs, la surveillance longitudinale du débit expiratoire de pointe était positive dans 8 cas. Sept patients ont pu être maintenus à leur poste de travail, tandis que deux salariés ont bénéficié d’un reclassement professionnel. Sur le plan médico-légal, l’asthme causé par les acariens pose des difficultés de reconnaissance en Tunisie en raison du libellé restrictif du tableau n°58 relatif aux affections respiratoires de mécanisme allergique. En effet, parmi les 5 cas d’asthme déclarés à la Caisse nationale de sécurité sociale, la réparation a été obtenue difficilement au titre du tableau n°53 dans 2 cas, par décision judiciaire dans 1 cas, tandis que 2 demandes ont été refusées.
Conclusion
Très peu de cas d’asthme professionnel causé par les acariens ont été rapportés dans la littérature. Toutefois, la survenue d’un asthme allergique en milieu professionnel témoigne de conditions de travail inadaptées. L’adoption de mesures préventives appropriées, associées à une prise en charge médicale, constitue la meilleure garantie du maintien du salarié à son poste de travail.